LES COMPTEURS COMMUNICANTS L'essentiel Les compteurs communicants, parfois appelés compteurs intelligents ou « smart meters », enregistrent et communiquent les consommations d'énergies. Les dispositifs de télérelève se sont développés ces dernières années pour divers réseaux de distribution : électricité, gaz, eau. Chaque distributeur développe une technologie de télérelève particulière, par radiofréquences ou par CPL. Le compteur Linky, le plus problématique en terme d’exposition aux radiofréquences et CPL, a soulevé de nombreuses craintes du public. Enedis, gestionnaire du réseau de distribution d’électricité, a lancé le déploiement massif des compteurs Linky® en 2015. Le fameux compteur communicant est destiné à remplacer le compteur analogique, avec lequel il a pour différence principale de permettre un relevé automatique et à distance, dit « télérelève ». En 2024, les Linky® équipaient déjà plus de 37,5 millions de foyers sur un total de 39,4 millions. Comment ça marche ? C’est compliqué ! Comme tous compteurs, Linky® mesure en permanence l’électricité consommée et enregistre ces valeurs sous forme d’index de consommation. Un concentrateur, situé généralement dans le poste de distribution de quartier, interroge chaque compteur pour collecter les données de consommation. L’envoi des index de consommation est effectué dans la nuit, avec des rattrapages possibles en cours de journée en cas d’échec. En plus de cette collecte quotidienne, d’autres communications sont effectuées par le concentrateur afin de surveiller l’état de fonctionnement du réseau (vérification de l’accessibilité, de la configuration, la synchronisation de l’heure, etc.). Ainsi, chaque concentrateur interroge l’ensemble des compteurs qui lui sont rattachés à intervalles réguliers au cours de la journée. En fonction de la topologie et du degré d’urbanisation, un compteur peut répéter le signal de son voisin, afin de garantir la bonne transmission de l’information au concentrateur. Les émissions varient donc en fonction de la période de la journée. Il est difficile de caractériser une « exposition-type » générée par un compteur Linky. La communication entre compteurs et concentrateur se fait via la technologie du Courant Porteur en Ligne (CPL), c’est-à-dire par injection sur le réseau électrique (50Hz) de fréquences bien plus hautes et comprises entre 35,9kHz et 90,6 kHz. La portée du CPL est de 300 m environ. Le concentrateur transmet ensuite les informations de consommations reçues à un système d’information centralisé via le réseau de téléphonie mobile existant. Quel est le problème ? Dès 2015, le compteur Linky fait l’objet de nombreuses critiques : atteinte à la vie privée, risques pour la santé, gâchis de matériel et environnemental, etc… En premier lieu, le compteur Linky est une source supplémentaire d’exposition aux champs électromagnétiques, qui s’ajoute aux autres sources existantes (téléphone mobile, Wifi, etc.). A noter : l’Anses recommande que soit mieux caractérisée l’exposition aux radiofréquences des divers objets connectés – Linky y compris. Deuxième reproche majeur fait par les particuliers : le système « semi-coercitif » employé pour son installation. En effet, si les compteurs électriques sont la propriété des collectivités territoriales (communes, ou intercommunalités), le droit au respect de la propriété privée peut leur être opposé, sous certaines conditions. Comment agir ? Alors, peut-on refuser l’installation d’un compteur Linky® ? Oui, lorsque le compteur n’est pas situé sur l’espace public ou dans un endroit accessible. En cas de refus du client, il ne peut pas être procédé à une installation forcée d’un compteur Linky. Le Ministère de l’Ecologie l’a notamment rappelé en 2020 en réponse à une question parlementaire. La justice s’est également prononcée à 4 reprises depuis 2020 en faveur de personnes souffrant d’intolérance aux champs électromagnétiques. Les Cours d’Appel ont ordonné à Enedis de remplacer les compteurs Linky par des compteurs non communicants et/ou de mettre en place des dispositifs de filtre des courants CPL. Ces jugements ont été motivés notamment par le fait qu’aucun texte réglementaire n’impose à Enedis l’installation du compteur Linky au domicile de particuliers, et qu’une protection est due aux personnes démontrant leur électrosensibilité par des certificats médicaux détaillés et précis. Par ailleurs, en cas de doute sur votre niveau d'exposition, vous pouvez faire une demande de mesures auprès de l’ANFR, en spécifiant que vous souhaitez une mesure spécifique des émissions liées au Linky. En savoir plus