Réactions scientifiques au rapport de l’AFSSE
18 avril 2003 - par Priartem
Premières réactions au rapport de l’AFSSE par Richard Gautier, biologiste (CSIF-CEM)

La conclusion du rapport de l’AFSSE est donc que "le risque n’est pas quantifiable" et les experts décident de ne rien faire, contrairement aux assureurs qui avaient décidé de ne plus assurer les antennes relais devant ce risque sanitaire, risque non mesurable.

Voici quelques remarques sur le résumé du rapport (commentaires de R. Gautier en Italique, le reste est le texte original)

Épidémiologie / téléphone portable D’autres études de type cas-témoins (études a posteriori) évoquent l’existence d’un risque essentiellement lié aux téléphones de type analogique

FAUX ! Hardell et al Int J Radiat Biol 2002 Oct ;78(10):931-6 "Pour toutes les tumeurs malignes cérébrales, des téléphones portables digitaux ont rapporté OR=1.59, CI=1.05-2.41" ce qui signifie augmentation significative ! Hardell et all : Int J Oncol 2003 Feb ;22(2):399-407 "Le risque pour l’utilisation ipsilatérale a été significativement augmentée pour les astrocytomes pour tous les types étudiés de téléphone, le téléphone analogue au % CI=1.1-3.2 OR=1.8,95, les téléphones digitaux OR=1.8, 95 % CI=1.1-2.8," ce risque est bien pour les téléphones analogues ET les digitaux

Épidémiologie / stations de bases Pour ce qui est des stations de bases, les études sur les symptômes à proximité des antennes ont été inexistantes ou inadéquates Faux ! 2 études ont été acceptées pour publications par Electromagnetic Biology And Medicine. L’étude Française de Santini et al (également acceptée pour publication au congrès de BEMS 2003 à Hawai) et l’étude Espagnole de Navarro et al. Ces 2 études montrent la nocivité des antennes relais.

Études humaines De nouvelles études humaines réalisées avec des téléphones mobiles montrent quelques effets de faible amplitude sur les fonctions cognitives et l’électroencéphalogramme (EEG). Cependant, ces modifications de l’EEG ne révèlent pas de souffrance cérébral,

Mais des troubles du sommeil par exemple ! De quel droit les experts autorisent-ils des modifications de l’activité cérébrale de sujets non consentants ?

et ces effets cognitifs ne constituent pas un risque pathologique à long terme s’ils sont temporaires.

Le sont-ils ? Personne ne peut répondre alors pourquoi les experts retiennent-ils cette hypothèse plutôt que l‚autre ?

Études animales Néanmoins, il faudra expliquer pourquoi certains travaux, en contradiction avec la plupart des autres études,

Faux, voir avis du CSIF-CEM (www.csif-cem.org) sur les RF

montrent des effets biologiques à des faibles niveaux d‚exposition, comme par exemple une perméabilisation de la barrière hémato-encéphalique.

Et pourquoi les experts n‚en tiennent-ils pas du tout compte dans la gestion des risques ?

Études cellulaires Dans les études utilisant des expositions de longue durée aucun effet génotoxique n’est démontré pour des niveaux de DAS inférieurs ou égaux à 2 W/kg.

Et les effets de dérégulation des gènes dont il est mentionné l‚existence au cours du BEMS 2002 de Québec ?

Les études sur les protéines de choc thermique ont donné des résultats qui restent difficiles à interpréter et qui ne permettent pas d’affirmer que les RF induisent un "stress" cellulaire.

Elles sont peut-être difficiles à interpréter pour les experts de l‚AFSSE mais d‚un autre côté de nombreux scientifiques certifient l’existence du stress cellulaire dû aux RF, cela entraînant d’ailleurs l’activation de certaines enzymes (comme les MAPkinases) explicitant ainsi l’action sur la barrière sang/cerveau

Mécanismes En l’absence d’effets biologiques à faible niveau de DAS qui soient robustes et reproductibles en laboratoire, il est difficile aux théoriciens de concevoir et valider des mécanismes autres que ceux qui correspondent à un échauffement.

Difficile aux experts de l’AFSSE visiblement, pourtant bien des scientifiques internationalement reconnus l’ont déjà fait.

Conclusion

Les experts ne donnent en fait aucune recommandation, malgré les résultats acceptés de certaines études qui montraient un risque ! (relation nombre d’appels/troubles ; étude de Hardell ; barrière hémato-encéphalique) C’est une gestion étrange du risque qui consiste à l’oublier en espérant que les lecteurs et l’avenir en fassent de même…

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