Le WiFi en question
8 février 2010 - par Priartem

Comme les précédentes applications de téléphonie mobile, le WiFi s’est développé sans la moindre étude d’impact sanitaire préalable. Il s’est imposé à nous, y compris contre notre gré, puisque tant nos « box » ou modems que la plupart de nos ordinateurs portables sont équipés d’un WiFi activé qu’il n’est pas toujours simple de désactiver. . Les problèmes liés à la diffusion massive de cette technologie, apparus, dans un premier temps, dans les lieux de travail, se manifestent de plus en plus dans les immeubles collectifs où les rayonnements ne s’arrêtent bien évidemment pas à la limite de chaque appartement. Même s’il s’agit d’un choix individuel, la question va devoir être posée collectivement, sinon des témoignages comme ceux de Marion vont se multiplier.

Marion Dupuis est notre coordinatrice, en Savoie, depuis plusieurs années déjà. Elle a soutenu avec le dynamisme et la disponibilité qui la caractérisent de nombreux combats dans sa région. Nous ne l’avons jamais entendue, jusqu’à l’année dernière se plaindre de problèmes de santé. Au contraire, c’est une personne toujours vaillante, toujours souriante que nous connaissions. Puis, l’hiver dernier, elle a enchaîné plusieurs problèmes et a commencé à se plaindre de ne pas réussir à reprendre le dessus, de traîner une grande fatigue. Lors de notre dernière assemblée générale, en décembre 2009, elle a plaidé pour que nous nous battions pour le maintien de zones blanches et s’est faite la porte-parole des électrosensibles. Voici la lettre qu’elle vient de m’adresser en m’autorisant à la rendre publique.

Janine Le Calvez


Chère Janine

Je t’adresse ce courrier afin que tu puisses témoigner de ce que vivent les personnes qui résident dans des immeubles comme le mien (80 appartements)

Voilà ce que je vis actuellement :

* l’hiver dernier une moyenne de 17 wifis rayonnaient dans mon logement. Ignorant d’abord ce fait, je n’ai rien pu faire sinon voir le toubib qui n’a pas su comment y répondre, sinon en constatant qu’aux pires moments, j’avais une nette augmentation de la tension artérielle. Et moi de me plaindre d’insomnies, de maux de tête, d’une barre sur le front, de tête de zombie, d’une marche titubante, de prise de poids (retention d’eau), de picotements à la tête et dans la nuque, d’une incapacité à me concentrer, d’oublis, de grande fatigue qui m’empêche à faire du sport, etc... , et disparition de la plupart de ces symptômes en peu de temps lorsque je dormais ailleurs. Depuis j’ai le sentiment de devenir de plus en plus sensible, phénomène que je ne connaissais pas auparavant.

* J’ai fait un appel dans mon immeuble et une partie des gens ont diminué l’utilisation de leurs wifis par diverses mesures (se câbler, déconnecter le wifi pendant qu’ils ne s’en servaient pas etc...) au point qu’ en novembre je n’avais plus que 6 wifis - et je dormais mieux. B. G., un ami dont je t’ai déjà parlé, est venu et a fait des mesures. Celles-ci ont révélé une très forte charge de rayonnements, surtout wifis et téléphones DECT auxquels il faut ajouter les antennes à environ 250 m de distance.

* Il est intervenu, après une réunion d’information, auprès de plusieurs personnes volontaires pour limiter leurs rayonnements et ça allait mieux, mais le magasin de portables qui s’était installé en hiver dernier directement en-dessous de chez moi n’a rien voulu savoir.

* A Noël dernier tous les symptômes sus-mentionnés sont revenus chez moi, et j’ai établi le nombre de wifis rayonnant dans mon appartement : maintenant, j’en repère 20 !!! (le même nombre que les wifis se trouvant à l’origine à la bibliothèque Ste-Geneviève à Paris et que les bibliothécaires ne supportaient pas non plus, elles qui n’y étaient exposés que 8 h par jour, tandis que moi je dois les supporter jours et nuits, week-ends compris). Cette reprise était sans doute à relier à certains cadeaux de Noël, la présence de jeunes pendant les vacances, consoles de jeux etc...

* Actuellement je souffre pas mal et je crains que mon électrosensibilité n’aille en croissant au fur et à mesure que je subis cette charge.

* Nombre de mes voisins me comprennent et en souffrent parfois eux-mêmes, sans avoir pu attribuer, au départ, l’origine de leurs maux aux rayonnements du WiFi, et ils me sont très reconnaissants de leur avoir signalé le problème. Mais ceux-ci se plaignent aussi de leurs voisins qui ne s’occupent de rien du tout et leur envoient leurs rayonnements. Ceux-là sont prêts à se moquer et à me considérer comme une empêcheuse de tourner en rond. Sans doute aussi parce que le sujet n’est pas encore abordé publiquement et que je me trouve bien seule.

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article Dauphiné libéré

Néanmoins un journaliste de notre journal régional ("Dauphiné Libéré") est venu hier et nous a interviewés sur ce sujet des wifis dans les habitations collectives et les actions entreprises pour "assainir" notre immeuble. Entretemps nous ne sommes pas les seuls, des gens dans d’autres immeubles commencent à bouger aussi. - Pour les téléphones DECT qui se trouvent dans tous les foyers, il existe bien maintenant sur le marché (en grandes surfaces) des modèles d’une seule marque (certains modèles récents de Siemens) à des prix normaux, qui ne rayonnent que lorsqu’on téléphone, mais pas lorsque la conversation est arrêtée (encore il faut savoir les régler correctement). Pour les wifis les gens ne savent pas désactiver les wifis dans les box et modems tellement ils sont intégrés et pour certains prévus pour servir aussi aux gens dans la rue.

* B.G. a essayé aujourd’hui d’en parler avec le magasin de portables au-dessous de chez moi. Le propriétaire n’a rien voulu savoir, lui a dit qu’il sait très bien qu’il "vend de la merde" , qu’il rayonne etc., mais qu’il a besoin de cela pour vivre. Et qu’il s’en f.... - et a jeté B. G dehors. Celui-ci a voulu l’aider seulement à diminuer la nocivité de ses nombreuses installations, ce qui serait parfaitement possible - et à relativement peu de frais. Mais il refuse ...

* Maintenant je serai vraisemblablement obligée (si rien n’intervient) d’isoler mon logement contre ses rayonnements en mettant des plaques isolantes sur mon sol (env. 37 m²) + un revêtement genre parquet suspendu, ce qui me reviendra au mieux à 4.000 Euros au grand minimum. Uniquement parce que ce magasin ne veut pas faire le petit effort nécessaire !!! - Et sans compter que ça ne résoud pas les problèmes des rayonnements des autres voisins tout autour, ni pour ceux qui ont fait l’effort de limiter les dégâts.

* Daniel Oberhausen considère aussi qu’on ne peut pas rester dans un smog pareil et me conseille de déménager, - mais pour aller où ? Avec quel argent ? Et puisque cela concerne maintenant tous les grands immeubles d’habitation !!!

* Le Maire comprend (il a fait entièrement câbler sa mairie), mais dit ne pas pouvoir intervenir, puisqu’il s’agit d’un espace privé. La Cité Administrative a été câblée dès le départ et beaucoup d’administrations aussi. Mais rien pour les habitations !!! La DDASS ne répond même pas, la Préfecture non plus sinon qu’elle va s’en occuper (mais sans suite), et ainsi tout le monde ...

Il faut absolument aider les gens à trouver des solutions vivables !!!

Puisqu’on ne peut pas attendre que l’industrie de la téléphonie mobile accepte de comprendre et que le gouvernement s’en occupe !

Nous autres, en attendant, on ne veut pas mourir pour tant de bêtises et de rapacité commerciale !!!

Pour moi et pour beaucoup d’autres le danger ne vient pas seulement des antennes dehors, mais aussi de celles que nous nous installons dans nos propres habitations, sans le savoir, la plupart du temps !

Et les EHS le savent très, très bien aussi ! On ne devient pas EHS du jour au lendemain, mais par des charges prolongées, comme là ! Et après, quelle vie ... !

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