Russie. Un avis très éclairé
par Priartem

L’association CIARTEME vient de nous faire parvenir la traduction d’un article publié dans la presse russe qui relate les propos du médecin sanitaire général de la Fédération de Russie.

Celui-ci rappelle nettement quels sont les effets connus, pour certains de longue date, de l’exposition aux radio-fréquences. Il se réfère, par ailleurs, à un certain nombre d’études récentes qui mettent en évidence l’incidence, sur nos cerveaux, de l’utilisation de portable. Il souligne que la Russie dispose de normes réglementaires plus contraignantes que les nôtres et doit les conserver.

Cet avis, très officiel, pourra-t-il susciter plus de réaction de la part de nos autorités sanitaires que les alertes précédentes ? Nous osons encore l’espérer !

"Allo " ? Otez le portable de votre cou ! Le téléphone portable n’est sans danger que lors d’une utilisation raisonnée Gennadi Onichtchenko, médecin sanitaire général de la Fédération de Russie, membre de l’académie de médecine

Rossiiskaya Gazeta, 1/02/2005

Le téléphone portable est devenu un attribut imprescriptible de l’homme contemporain. Papa a un portable, maman a un portable, grand-père et grand-mère ont un portable, et même les élèves du primaire ont un portable. Le plus souvent, le portable n’est pas caché bien loin : il est à portée de main, tenu au cou par un cordon ou dans une poche intérieure. Les entrepreneurs ont vite pris le sens du vent : les cordelettes sont en vente partout, il y en a pour tous les goûts. Sur les écrans, pas seulement dans de brefs spots publicitaires mais dans tous les films contemporains, les héros téléphonent sans cesse sur leur portable : ils font des réclamations, éclaircissent des relations,éduquent leurs enfants. Or tout ce qui est montré à la télévision, qu’on le veuille ou non, devient un modèle à imiter.

Reconnaissons-le : les portables font maintenant partie de notre vie. Et plus le temps passera, plus il y aura de portables. Est-ce bien ou mal ? C’est bien, car il s’agit d’un moyen de communication fiable, toujours plus accessible, et que l’on ne peut se passer de communication. D’autant moins que les téléphones habituels sont toujours aussi rares qu’avant dans ce pays et que les cabines disparaissent de nos rues. Est-ce un mal ? Ce n’est pas par hasard que j’utilise un point d’interrogation. Le fait est que les téléphones portables sont reliés à des champs électromagnétiques qui ont une influence sur notre santé. Et, bien que tous les téléphones portables soient commercialisés avec des certificats de conformité aux normes émises par l’Organisation Mondiale de la Santé, des doutes persistent quant à leur innocuité. Toujours pour cette même raison, connue de beaucoup d’entre nous depuis l’école, à savoir l’influence électromagnétique sur le système nerveux central de l’homme.

Je rappellerai immédiatement que l’intensité du signal électromagnétique décroît proportionnellement au carré de la distance. Et où placez-vous votre émetteur de champ électromagnétique ? Eh oui ! Près de l’oreille, c’est-à-dire à distance immédiate du cerveau. Ce champ est-il indifférent pour votre cerveau ? Bien entendu non ! Cause-t-il des dommages à votre cerveau ? Les fournisseurs de téléphonie mobile assureront sans nul doute qu’il n’en est rien, alors que les scientifiques affirment que ces dommages existent. D’autant plus qu’il ne s’agit pas d’une nouveauté, ces scientifiques ayant établi de longue date un lien direct entre les champs électromagnétiques et une fatigue "incompréhensible", des pertes de mémoire, des hausses de tension artérielle, des perturbations du rythme cardiaque, des insomnies, etc.

Faites davantage attention à vous-même, et vous remarquerez beaucoup de choses : vous avez eu une longue conversation sur votre portable avant d’aller vous coucher et vous n’avez pu trouver le sommeil, alors que vous aviez une profonde envie de dormir. Pensez-vous que les protestations répétées contre les conversations téléphoniques au volant soient le fruit du hasard ? Oui, il existe déjà une triste statistique prouvant que ces conversations se terminent de plus en plus souvent par des accidents.

Alors, que faire ? Bien sûr, il ne s’agit en aucun cas d’interdire quoi que ce soit : il y aura de plus en plus de téléphones portables, avec des modèles de plus en plus sophistiqués et de plus en plus attrayants. On vous proposera le tout-en-un : téléphone, ordinateur, agenda· mais faites preuve de raison, ne pensez pas tant à la versatilité de l’appareil que vous avez acquis qu’à votre personne, qui vous est chère : protégez-vous d’une surcharge excessive. Essayez d’utiliser le moins longtemps possible votre téléphone portable. Ceci s’adresse surtout aux enfants et aux adolescents, aux femmes enceintes et aux porteurs de stimulateur cardiaque.

Je le conçois : nul n’est prophète en son pays, notre préférence va aux autorités et aux expériences étrangères. Eh bien, au Japon, par exemple, il est interdit d’utiliser son portable à bord des trains. Cette interdiction tient au fait que le portable exerce son champ d’action non seulement sur l’utilisateur, mais aussi sur ses voisins. Un groupe de scientifiques de Grande-Bretagne, constitué par le gouvernement autour du thème "Téléphonie mobile et santé" a conclu que les portables sont tout particulièrement nocifs pour les enfants "du fait de leur système nerveux en croissance". Les Anglais sont convaincus : "Il faut s’opposer à ce que les enfants passent leur temps en conversations téléphoniques sans importance sur des téléphones portables". Dès 2001, l’académie allemande de pédiatrie a publié une recommandation aux parents visant à limiter chez leurs enfants l’utilisation des portables. Des scientifiques espagnols affirment que l’utilisation d’un téléphone portable peut, même en deux minutes, modifier l’activité bioélectrique du cerveau de l’enfant au cours des deux heures suivant la fin de la conversation . Des chercheurs de l’Institut de biophysique de Russie sont parvenus à une conclusion analogue. D’après les scientifiques, les champs électromagnétiques peuvent déclencher le développement de cancers chez l’enfant. Des chercheurs hongrois ont publié des données indiquant des possibilités de développement de tumeurs au cerveau chez les utilisateurs de téléphone portable. Ils ont établi un lien avec le développement de tumeurs au cerveau chez des patients âgés de 20 à 29 ans ayant utilisé des téléphones portables depuis l’enfance. Je remarquerai que nos normes nationales d’hygiène, qui sont fondées sur des positions différentes, sont plus sévères que les normes occidentales. Et nous n’estimons pas possible de diminuer ce niveau d’exigence.

Le matin, votre enfant part pour l’école. Vous veillez à ce qu’il mange son petit déjeuner, qu’il n’oublie pas ses livres et son cahier de textes, qu’il s’habille en fonction de la météo. Et vous demandez aussi : "Où est ton portable ?", et bien souvent, vous attachez le téléphone autour de son petit cou : "S’il arrive quelque chose, appelle-moi tout de suite". Arrêtez ! ôtez ce téléphone de la poitrine de votre enfant. Mettez-le dans son cartable. Otez aussi votre propre téléphone de votre poitrine ou de votre poche intérieure. Ne l’utilisez pas sans en avoir une réelle utilité.

Nous n’avons aucune loi d’interdiction concernant les téléphones mobiles. Ceci ne doit pas nous faire perdre de vue la raison, ou plutôt une utilisation raisonnée de cette grande invention humaine. Bien sûr, ce n’est pas le Bangladesh qui fait nos lois. Et pourtant, le fait que ce pays se soit doté d’une loi qui punit les parents dont les enfants utilisent des téléphones portables est marqué au coin du bon sens. Chérissons-nous moins nos enfants ? Sommes-nous si peu soucieux de notre propre santé ?

Traduction : Ciarteme, Transmise par notre coordinatrice Auvergne, H. Hétier

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