Plan numérique à l’école : courrier de Priartem à l’attention de la ministre de la santé
par Priartem - Thème : La gestion des risques
Le Ministère de l’Education Nationale se montrant sourd aux questions sanitaires des décisions prétendument pédagogiques qu’il prend, nous saisissons la Ministre de la Santé en charge de la santé publique afin qu’elle pèse de tout son poids pour qu’un moratoire soit décrété dans l’attente d’une évaluation des conséquences sur la santé des enfants de la mise en place massive du WiFi dans les établissements scolaires.

Le Ministère de l’Education Nationale vient de publier la liste des 500 établissements expérimentaux. Mobilisons nos forces pour que rien ne puisse être fait qui nuise à la santé des enfants.

Des enseignants et parents concernés ont lancé une pétition. Signez-là massivement


Madame Marisol TOURAINE - Ministre des Affaires sociales et de la Santé

14, avenue Duquesne, 75350 PARIS 07 SP

Paris, le 13 avril 2015

Objet : Le plan Numérique à l’école et ses potentiels effets sur la santé des enfants

Madame la Ministre,

Le ministère de l’éducation nationale vient de lancer son plan « le numérique à l’école ». Le gouvernement a annoncé une enveloppe de 1 milliard d’euros sur trois ans pour en assurer le financement. Tout cela se fait sans la moindre étude d’impact sanitaire de ce type de dispositions politiques. C’est pourquoi après avoir tenté de sensibiliser la ministre de l’éducation nationale sur cette question – voir, en pièce jointe, la lettre adressée à Madame Najat Vallaud Belkacem par Priartem dans le cadre de la consultation publique qu’elle avait initiée - nous nous tournons vers vous, Madame la Ministre de la Santé, sur laquelle repose, en direct, la charge de la santé publique.

Nos organisations ne sont pas opposées à l’introduction du numérique à l’école même si, comme nous y invitent les spécialistes des sciences cognitives, nous sommes convaincus qu’il faut être prudents quant à sa généralisation dans les usages pédagogiques. En revanche, nous sommes très inquiets sur la technologie sans fil, retenue de fait. En effet, les tablettes étant conformées comme devant fonctionner sans fil, leur interaction dans les classes supposera des connexions WiFi.

L’école, au lieu d’être un lieu protégé, un lieu sanctuarisé, deviendra ainsi un lieu d’exposition permanente. Ceci ne va ni dans le sens des recommandations de l’ANSES de réduction des expositions (voir avis de 2009, voir avis de 2013) ni dans celui de la loi et de son principe de sobriété électromagnétique.

L’ANSES travaille actuellement sur une expertise sur l’effet des ondes électromagnétiques sur les enfants. Nous vous demandons donc de la saisir d’urgence d’une demande d’évaluation des effets du développement de ce plan « numérique à l’école » sur l’exposition des enfants et sur les conséquences sanitaires potentielles de cette exposition. Nous vous demandons également de peser afin que, dans l’attente des résultats de cette expertise, l’expérimentation au sein des 500 collèges prévue dès la rentrée 2015 soit suspendue.

Nous rappelons que si dans le dossier controversé des effets des radiofréquences sur la santé, nous ne savons pas tout, les preuves s’accumulent, notamment sur la cancérogénicité des ondes et sur leurs effets sur le système nerveux central. Plusieurs enquêtes épidémiologiques, publiées par des équipes reconnues, ont montré des augmentations de risque pour des usages qui, somme toute, deviennent usuels y compris chez les plus jeunes. Des signaux inquiétants sont venus également d’études écologiques et d’études d’incidence mettant en lumière ce qu’il convient de qualifier d’épidémie pour certains cancers du système nerveux central. Ceci à tel point que des scientifiques recommandent une révision d’urgence de la classification des radiofréquences en 2A (cancérogène probable) et même en 1 (cancérogène certain).

Par ailleurs, de très nombreuses études ont été publiées concernant notamment le stress cellulaire et la réponse adaptative, en lien avec les dommages et la réparation de l’ADN.

Tout récemment, une équipe a confirmé le rôle dans la promotion de tumeurs chez la souris, essentiellement sur le poumon, le foie et les lymphomes, à des niveaux inférieurs aux normes d’exposition du public en vigueur, remettant en question les paradigmes jusque là admis et pointant une possible perturbation du métabolisme par les radiofréquences (Lerchl 2015).

A tout ceci s’ajoute un élément essentiel : celui de la vulnérabilité spécifique des enfants reconnue de façon unanime au sein de la communauté scientifique. D’ailleurs, sur ce point, un appel a été lancé le 11 mai 2015 par 190 scientifiques internationaux pour demander à l’ONU et à son agence sanitaire, l’OMS, une révision des valeurs limites d’exposition des populations et leur première préoccupation est la protection des enfants et des femmes enceintes.

En vous remerciant d’avance de l’intérêt que vous porterez à nos requêtes et des suites que vous saurez leur donner, nous vous prions de croire, Madame la Ministre à notre plus parfaite considération et nous tenons à votre disposition pour toute précision supplémentaire.

Pour Priartem, sa Présidente, Janine Le Calvez


PJ :

- Lettre de Priartem à Madame Vallaud-Belkacem
- Note sur les études récentes Radiofréquences
- Communiqué de presse et analyse Etude Lerchl et al. 2015
- Appel des 190 scientifiques

Copie :

- Marc MORTUREUX – Directeur général de l’ANSES

 
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