Mesure des champs électromagnétiques / Contre-enquête associative
7 avril 2009 - par Priartem et Agir pour l’Environnement

Une contre-enquête associative s’oppose à l’étude métrologique du Professeur Jean-François Viel.

Faisant suite à la publication d’une étude métrologique menée par le Professeur Jean-François Viel en 2005 à Besançon, les associations ont décidé de rendre publics les résultats d’une analyse des 250 dernières mesures de champ électromagnétique mises en ligne sur le site de l’Agence Nationale des Fréquences (ANFr), cartoradio

Les résultats de cette contre-enquête associative s’opposent de la façon la plus absolue aux conclusions du Professeur Viel qui laissent à penser que l’exposition aux radiofréquences de la téléphonie mobile augmenterait avec la distance et que la contribution de la radio et de la télévision serait plus importante dans le champ global que les ondes de la téléphonie mobile.

Les 250 relevés de mesures de l’ANFr, effectuées sur tout le territoire national de décembre 2008 à mars 2009, ne confirment pas de liens « statiquement significatifs » entre l’éloignement et l’exposition ; la distance n’étant en effet qu’un des éléments parmi tant d’autres (densité du réseau, antennes bi ou tri-bandes, hauteur de l’habitation, nature des matériaux composant les habitations) permettant d’expliquer le niveau du champ. En tout état de cause, les conclusions du Pr Viel sont manifestement contraires aux lois de la physique qui énoncent que la valeur du champ rayonné décroit avec le carré de la distance.

Les associations relèvent également que sur les 250 mesures, par 205 fois (contre 4 fois pour la FM et 3 fois pour la TV), la téléphonie mobile est de très loin la contribution majoritaire. Pour Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement, « ces éléments objectifs issus de mesures effectuées par une agence d’Etat devraient une fois pour toutes mettre un terme aux assertions erronées selon lesquelles la radio et la télé exposeraient plus fortement les riverains que les antennes relais. Même si cela paraît une évidence, il est bon de rappeler, preuve à l’appui, que les antennes relais sont la source principale d’exposition. des riverains d’antennes relais. Cette évidence ne semble pas partagée par tout le monde, au grand étonnement des associations. »

L’étude minutieuse des relevés de mesures de l’ANFr démontre également que, bien que le niveau moyen du champ électromagnétique soit relativement faible, 17,6% des sites étudiés font apparaître des champs supérieurs à 2 V/m (ce qui est déjà loin d’être négligeable), dont l’un d’entre eux frôlant les 17 V/m. Pour Janine Le Calvez, Présidente de Priartém, « à l’issue de cette contre-enquête associative, il ne sera désormais plus possible d’affirmer, comme l’a fait récemment le Premier ministre, que les niveaux de champs mesurés à proximité des antennes relais ne font pas apparaître de champ élevé et qu’à ce titre il n’y a pas lieu de légiférer ».

En rendant public fort opportunément à quelques jours du Grenelle de la téléphonie mobile les résultats d’une étude vieille de plus de 3 ans et demi, limitée dans le temps, dans l’espace, l’étude de dosimétrie coordonnée par le Pr Viel semble tenter d’accréditer des thèses largement défendues par les opérateurs selon lesquelles la téléphonie mobile ne serait pas une source majeure d’exposition aux ondes électromagnétiques et selon lesquelles l’éloignement des lieux de résidence des antennes serait inutile, voire inopportun.

La contre-enquête associative démontre le contraire et ce à l’aide de mesures officielles. Une fois encore, les vaines tentatives orchestrées par le lobby de la téléphonie mobile ne résistent pas à l’analyse des faits.

Stéphen KERCKHOVE - Agir pour l’Environnement

Janine LE CALVEZ - Priartém

 
P.R.I.A.R.T.EM - Association Loi de 1901
5, Cour de la Ferme Saint-Lazare 75010 Paris
Tél : 01 42 47 81 54 - Fax : 01 42 47 01 65 - Contactez-nous
Mentions légales - Site réalisé sous SPIP par One2net

Site référencé par :