La protection des travailleurs vue par un syndicaliste de France Télécom
par Priartem

Elements de précaution à prendre en compte pour les agents travaillant sur les antennes relais GSM de toiture.

Témoignagne d’un représentant syndical travaillant chez France Télécom

Je travaille à France Télécom et je suis représentant syndical. J’ai participé dans mon entreprise au Comité National d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail de Février 2001 qui traitait des conditions d’intervention des agents sur les antennes de téléphonie mobile GSM de toitures.

Bien que j’aborde le problème de la pollution électromagnétique du point de vue de la santé au travail, mes préoccupations recoupent en grande partie les préoccupations environnementales, car, pour les travailleurs comme pour le grand public, les effets non thermiques sont niés totalement. Les préconisations de précautions ne prennent en compte que les effets thermiques. Ainsi, trois éléments de précaution prévus pour les intervenants de l’entreprise sont particulièrement intéressants :

1. Le balisage, sur les terrasses, de périmètres de sécurité ou de zones d’exclusion. Ce balisage doit matérialiser au sol les zones où le flux est le plus important au voisinage des antennes. Or, ce balisage n’est pas prévu lorsque le bas de l’antenne est à plus de 2,50 m du sol de la terrasse sous prétexte que le flux "passerait au-dessus de b tête des agents". Dans ce cas, on néglige totalement les directions parasites du flux d’ondes. En effet, la présence de nombreux mats métalliques verticaux (par exemple les montants des gardes corps) permet au flux d’être réfléchi et, éventuellement, concentré dans des directions totalement imprévues. De plus, même dans les cas où les antennes sont plus basses, de nombreux sites n’ont pas été balisés.

2. L’utilisation par l’équipe d’intervention d’un appareil de mesure, ou plus exactement d’alerte par un déclenchement au-dessus d’un seuil. Normalement il est prévu un appareil détecteur individuel de champs pour chaque équipe d’intervention. Cependant, des témoignages nous ont indiqué que ces appareils ne sont jamais présents. Les seuls appareils utilisés sont des appareils de mesure qui servent à régler l’antenne lors de sa mise en service ou lors d’une intervention après panne. Dans ces deux cas l’objectif est, bien entendu, d’obtenir la puissance maximum et non pas la puissance la moins potentiellement dangereuse.

3. L’interruption de l’utilisation de l’antenne durant l’intervention. Il nous est apparu que la procédure, qui consiste a diminuer très fortement la puissance de l’antenne, est assez bien respectée lorsqu’il s’agit pour un agent de faire "éteindre" I’antenne de son propre opérateur. Or environ 20% des sites à Paris sont touchés par ce qu’on appelle la "colocation", c’est à dire que la même terrasse comporte des antennes de deux, voire trois opérateurs différents. Dans ce cas, il est ridicule de penser que les agents puissent avoir quelqu’influence que ce soit sur les antennes des concurrents. Il ne faut pas négliger non plus tous les travailleurs qui interviennent sur des toitures sans avoir aucun rapport avec des opérateurs de télécommunications (étanchéité des terrasses, intervention sur machinerie d’ascenseurs, ventilation et climatisation, couverture). Dans ce cas, il est évident qu’aucune antenne n’est arrêtée pendant l’intervention.

Comme on peut le constater, les principales mesures de prévention prévues vis-à-vis des risques radioélectriques ne sont le plus souvent pas respectées.

Or, ces mesures ne concernent que la prévention des conséquences thermiques des ondes émises. La particularité du téléphone mobile digital de type GSM, est de reposer sur un multiplexage en fréquences d’une onde dont la fréquence est centrée à 900 ou 1800 MHz. La puissance émise subit des variations pour utiliser 8 fréquences différentes. La puissance varie 1733 fois par seconde. La fréquence de celte variation de puissance est de 217 Hz. On se trouve donc devoir traiter également les effets de BASSES fréquences et non plus seulement de HAUTES fréquences. Je ne veux pas m’étendre davantage sur les nombreux effets non thermiques des basses fréquences sur le corps humain, mais ces effets sont répertoriés dans différentes publications. Je citerai seulement deux exemples : perturbation de l’équilibre sodium-potassium en dehors et à l’intérieur des cellules, et en particulier les cellules du cerveau, et troubles de la réplication des molécules d’ADN transportant le patrimoine génétique.

Aucune mesure de prévention n’est envisagée pour les conséquences de ces effets non thermiques, qui, sans être calculables, sont, chimiquement et physiquement, vraisemblables. Or ces conséquences peuvent être encore plus graves dans l’avenir. Les personnels risquent de développer des maladies dans 10 ans ou plus : ceci s’apparenterait alors au scandale de l’amiante. C’est donc bien, encore une fois, le principe de précaution qu’il faut imposer.

Philippe A.

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