Janine le Calvez, présidente de Priartem, au Forum du Nouvelobs.com
par Priartem
La présidente de Priartem a répondu aux questions des internautes le mercredi 09 avril 2008 de 14h30 à 16h sur le Forum du Nouvelobs.com.

Le forum est terminé. Je n´ai pas pu répondre à toutes les questions et je m´en excuse. Je vous dis au revoir et vous invite à rejoindre notre association Priartem. Cette question de la téléphonie mobile est une question de santé publique extrêmement importante. Nous avons besoin d´être nombreux à la soutenir.


- Question de : Internaute. Y a -t-il des lieux où les antennes ont été retirées après manifestation des riverains ou action en justice ?

Réponse : Oui, heureusement. Ce n´est jamais facile une fois que le pylône est installé. Il faut pouvoir mobiliser dans le temps.

Quelques exemples : antennes retirées à Saint-Maur (94) à la suite d´une forte mobilisation et du lancement d´une action judiciaire ; antennes retirées à La Croix Valmer suite à une décision de justice (trouble anormal du voisinnage) ; antennes retirées dans le XIV arrondissement de Paris suite à une décision de justice pour illégalité du contrat ; antennes retirées dans le 6ème arrondissement de Paris pour non respect de la règle de l´unanimité au niveau du vote de la co-propriété...


- Question de : Internaute. Bonjour, dans ma commune, ils ont fait installer une antenne relais dans un cimetière où ça ne gêne personne, pourquoi ne pas opter systématiquement pour ce genre d’ endroit ? Merci.

Réponse : Je pense qu´il faut chercher systématiquement les lieux les plus éloignés des zones d´habitation. Le cimetière peut faire partie de ces zones.


- Question de : Internaute. Une antenne relais, ça fonctionne comment exactement ?

Réponse : Cette question demanderait un développement et une compétence en physique que je ne possède pas forcément. Il existe à Priartem des dossiers concrets qui peuvent répondre à votre question. Je vous invite, donc, à prendre contact avec l´association.


- Question de : Internaute. Les dangers inhérents aux fours à micro-ondes sont-ils réels également ?

Réponse : Les fours à micro-ondes ne font pas partie des dossiers sur lesquels se penche Priartem. Il existe une association des victimes des champs électro-magnétiques que vous pouvez, sans doute, contacter.


- Question de : Internaute. Bonjour et bravo pour votre combat mais n´est-ce pas vain face aux industriels soutenus par l´Etat à cause de l´argent que génère la téléphonie mobile ? Que sont les risques encourus par la population face aux gains que cela rapporte ? Nous avons un bel exemple avec l´amiante.

Réponse : Amiante, tabac, produits pharmaceutiques, OGM, pesticides... le processus est toujours le même. Tant qu´on peut avec l´aide de scientifiques - mercenaires - on nie l´évidence et on laisse faire.


- Question de : Internaute. Bonjour j´ai entendu toutes sortes de maladies qui se développent à proximité d´antennes relais. Quels sont-elles exactement ? Et comment prouver qu´un cancer est bien dû aux antennes relais toutes proches ?

Réponse : La particularité des champs électro-magnétiques de la téléphonie mobile est qu´ils ont des effets pluri-factoriels lesquels effets peuvent être liés à d´autres causes également. C´est pourquoi le lien de causalité sur un cas n´est pas forcément facile à établir et c´est pourquoi également, les résultats des enquêtes épidémiologiques qui font apparaître des effets statistiquement significatifs sont si importants. A ce jour, la tendance générale sur les enquêtes épidémiologiques qui ont déjà été menées est la mise en évidence de risques sur toutes les pathologies étudiées : pathologies du quotidien souvent reconnues sous le terme de syndrome des micro-ondes et cancers.


- Question de : Internaute. Bonjour, puisque les antennes relais sont dangereuses près des habitations, que propose votre association concernant leur implantation ?

Réponse : La première chose que nous demandons est la fixation d´un seuil maximal d´exposition à 0,6 V/m. Pour être garantie que ce seuil ne sera pas dépassé, l´association ajoute à cette exigence la définition d´une distance à respecter, notamment en zone rurale où les stations sont plus puissantes soit 300 mètres. En zone fortement urbanisée, les grandes proximités doivent être prohibées car les mesures de champs y deviennent aléatoires. Par ailleurs, les sites sensibles doivent être particulièrement protégés.


- Question de : Jean-Louis. Bonjour, Les bornes Wi-Fi présentent-elles un danger pour la santé ?

Réponse : Le WiFi, comme les autres applications relevant des radio-fréquences a été lancé sans la moindre étude d´impact sanitaire. On joue avec notre santé aux apprentis sorciers. Trois éléments nous insitent à nous inquiter du développement de cette nouvelle application sans fil :

- le premier concerne l´augmentation de l´exposition générée par la multiplication des sources de rayonnements électro-magnétiques après les basses fréquences de l´électricité, après les radio fréquences de la télévision et de la radio, après les hypers fréquences de la téléphonie mobile.
- Le second est que la seule recherche récente qui ait porté spécifiquement sur la fréquence utilisée par le WiFi (2,45 GHz) fait apparaître des modifications dans l´expression de très nombreux gènes. Ces modifications s´inscrivent dans ce qu´il est convenu d´appeler les effets génotoxiques. Ceux-ci pouvant être à l´origine du processus de cancero-génèse.
- Le troisième est la prise en compte des plaintes de personnes soumises à l´exposition du WiFi : techniciens en charge de l´installation et de la mise en exploitation ou encore travailleurs exposés dans le cadre de leur activité professionnelle. Je pense, tout d´abord, aux bibliothécaires de la ville de Paris qui, quelques semaines, après l´installation du WiFi dans les bibliothèques ont été victimes de maux et malaises très invalidants obligeant certaines à faire valoir leur droit de retrait.

Aussi souvent que ceci est possible, favorisons les connexions filaires. Attention, même lorsque votre borne est reliée par le fil à votre prise téléphonique, il vous faut déconnecter le WiFi qui est automatiquement branché.


- Question de : Internaute. Lorsque je téléphone trop longtemps avec mon portable, j´ai une sensation de chaleur au niveau de l´oreille. Qu´est-ce que cela signifie ? Est-ce un risque ?

Réponse : L´échauffement est une première manifestation à une agression subie par votre organisme. Un conseil, donc, réduisez la durée de vos communications. Nombre de scientifiques évoquent le seuil de 3 minutes.


- Question de : Internaute. Quels sont les dangers si l´on utilise un portable sans oreillette ou kit mains libres ?

Réponse : Des enquêtes épidémiologiques récentes, dont celles qui ont été menées dans le cadre d´un vaste programme lancé par l´OMS, Interphone, montrent qu´au-delà de dix ans d´utilisation ou encore pour les utilisateurs intensifs de portables, les risques de cancers du cerveau, de cancers de la glande parotide, de neurinomes de l´acoustique, sont multipliés par un facteur de 2,5 à 3. Seule l´étude israelienne qui porte sur la glande parotide distingue les risques selon que l´on utilise ou pas le kit-oreillette et conclut que le risque est deux fois plus important sans utilisation de ce kit.

Je pense que le kit-oreillette est une première protection mais elle est très certainement insuffisante pour garantir une totale innocuité de l´usage du portable. Seul un usage raisonné du portable peut vraiment vous protéger. Il faut téléphoner le moins souvent, le moins longtemps possible et éteindre son portable lorsqu´on ne l´utilise pas. Quitte à écouter sa messagerie régulièrement.


- Question de : Internaute. Y a-t-il une réglementation pour les antennes relais ? Qui décide dans une commune de leur installation ?

Réponse : La réglementation sur les antennes-relais est fixée par deux textes : la loi de juillet 1996 qui fixe les règles d´urbanisme à respecter et le décret du 3 mai 2002 qui fixe les niveaux d´exposition à ne pas dépasser. L´un et l´autre sont rédigés à l´avantage exclusif des opérateurs. La loi de juillet 1996 permet ainsi aux opérateurs de bénéficier d´une procédure dérogatoire au permis de construire. Il leur suffit d´une simple déclaration de travaux pour élever leurs pylônes quelqu´en soit la hauteur à condition simplement de respecter les règles du POS et PLU. Cette procédure prive les maires d´une partie de leur pouvoir de décision. Il apparaît cependant que lorsque l´opérateur trouve en face de lui une véritable volonté politique qui s´appuie sur un rapport de force locale, il est plus enclin à négocier. La mobilisation est donc un élément extrêmement important de notre lutte.


- Question de : Internaute. Une antenne relais est installée à une centaine de mètres de la maison de mes parents. Que risquons-nous ? Et que pouvons-nous faire pour qu´elle soit démontée ?

Réponse : 100 mètres, s´il s´agit d´un pylône en zone rurale qui doit émettre sur plusieurs kilomètres, c´est très près, c´est trop près. Cependant, dans ce domaine, la distance ne nous dit pas tout. La configuration du site, les matériaux des immeubles environnants... peuvent avoir des incidences sur le niveau de champ électro-magnétique auquel sont soumis les riverains. Je vous invite donc à demander à votre maire qui a accepté l´installation de ce site de faire effectuer des mesures de champs dans l´appartement de vos parents. Pour nous, celui-ci ne devrait pas dépasser 0,6 V/mètre, des plaintes de riverains s´exprimant dès une exposition chronique à 1 V/m.

Pour faire démonter une antenne, il faut : soit une très forte mobilisation susceptible de faire reculer l´opérateur ou le propriétaire du terrain ou du toit où se trouvent installées les antennes, soit une action judiciaire pour trouble anormal de voisinage.

Une partie des antennes sont installées sur ce que l´on appelle le domaine public. Dans ce cas, l´opérateur est lié à la puissance publique propriétaire du lieu (mairie, conseil général, conseil régional...) par une convention d´occupation du domaine public laquelle est réputée précaire et révocable. Je vous invite donc à vérifier qui est le propriétaire du terrain sur lequel est installée l´antenne qui vous gêne. S´il s´agit d´un domaine public, il faut prendre contact avec la puissance publique concernée et l´inviter y compris par la mobilisation, à mettre en oeuvre la possibilité de résiliation de cette convention. D´autres l´ont déjà fait (Ville de Marseille, Conseil général du Var, Conseil régional d´Auvergne...) et ont gagné les procès que leur faisaient les opérateurs.

S´il s´agit, maintenant, d´un propriétaire privé, il faut le convaincre au moins de ne pas renouveler le bail au moment de son échéance. Il peut avoir, s´il est convaincu d´avoir signé en méconnaissance des risques d´autres moyens à mettre en oeuvre : réticence dolosive, non respect du code de la consommation... Pour plus d´informations sur ces questions, je vous invite à prendre contact avec Priartem (01.42.47.81.54.)


- Question de : Internaute. Les antennes relais, les OGM... A quoi sert le principe de précaution s´il n´est pas appliqué ?

Réponse : Bonne question. Le principe de précaution est maintenant inscrit dans nos principes constitutionnels. L´article 1 de la charte de l´environnement précise que "chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et favorable à la santé". Nous demandons à ce que cet article soit pleinement appliqué. Aujourd´hui, dans le cadre de la réglementation actuelle, on est loin du compte. Celle-ci permet, en effet, aux opérateurs d´installer leurs antennes où ils veulent, comme ils veulent, sachant que les normes d´exposition fixées réglementairement sont faites pour ne jamais être atteintes.


- Question de : Internaute. Pourquoi l´Etat n´intervient-il pas si c´est à ce point dangereux ? Pourquoi le principe de précaution n´est-il pas appliqué ?

Réponse : C´est effectivement la question que l´on doit tous se poser. Tous les éléments d´un grave problème de santé publique sont réunis et l´inaction gouvernementale sur ce dossier devient de plus en plus coupable. La raison à cette inaction est bien sûr liée aux intérêts économiques et financiers en jeu et à la puissance des lobbies qui les soutiennent. On se retrouve dans un cas de figure comparable à celui du nucléaire, de l´amiante, des produits pharmaceutiques... Par rapport à ces dossiers, la différence réside, sans doute, dans la taille de la population concernée : en France, plusieurs dizaines de millions d´utilisateurs de portables et plusieurs centaines de milliers de riverains d´antennes auxquels il faudra rajouter tous les gens exposés au WiFi, Wimax...


- Question de : Internaute. Combien d´antennes relais sont installées, en France, au coeur d´habitations ?

Réponse : Il est très difficile d´avoir un chiffrage exact du nombre de stations relais, d´une part, et d´antennes installées sur ces stations, d´autre part. La confusion entre les deux étant courante. Pour notre part, nous estimons à environ 100.000 le nombre de sites actuels. Bien évidemment et heureusement pour nous, ils ne sont pas tous situés au coeur des habitations. Il n´en demeure pas moins que de bien trop nombreuses antennes polluent la vie des riverains. Priartem demande, pour que soient respectées les conditions de vie et de santé de tous, une nouvelle réglementation qui fixe un seuil d´exposition chronique bien inférieur à celui qu´il est aujourd´hui - nous demandons 0,6 V/mètres alors que la réglementation actuelle est comprise entre 41 V/mètre et 61 V/mètre selon les fréquences utilisées- et qui prévoit des périmètres d´exclusions : 300 mètres en zone rurale et 100 mètres des lieux sensibles (écoles notamment) en ville.


- Question de : Internaute. Tabac, amiante... Les antennes relais seront-elles le prochain scandale de la santé publique ?

Réponse : Voilà une question qui est en pleine actualité puisqu´un grand neurologue américain, le professeur Vini Khurana, spécialiste des cancers du cerveau, vient de publier les résultats d´un travail de 14 mois d´analyses des publications scientifiques les plus récentes (référence : Vini Gautam Khurana "Mobile phones and brain tumors - a public health concer", 2008, www.Brain-surgery.us). Dans la revue de littérature scientifique récente, il note qu´au moins huit études cliniques internationales et une méta-analyse sur le long terme révèlent un lien entre l´usage du téléphone portable et certaines tumeurs du cerveau. Il estime que eu égard au temps de latence de ce type de maladie, ce n´est qu´à partir de 2008-2012 que l´on pourra commencer à mesurer vraiment l´impact du portable. Pour lui, les effets en termes de santé publique seront, en raison de la taille de la population concernée, beaucoup plus importants que ceux de l´amiante et du tabac. Ce n´est donc pas nous qui le disont, ceci émane d´un avis très éclairé.


- Question de : Internaute. J´ai entendu parler d´une école à Valladolid, en Espagne, ou des antennes avaient été installées sur le toit d´une école et où des élèves avaient développé des tumeurs ? Est-ce vrai ?

Réponse : Oui, le cas dont vous parlez a fait grand bruit en 2002. Il s´agissait d´un collège exposé à toute une batterie d´antennes de téléphonie fixe aussi bien que de téléphonie mobile. Plusieurs cas de cancers ont été diagnostiqués la même année chez des enfants fréquentant ce collège. Suite à de fortes mobilisations des parents d´élèves, le site a été démonté. Vous pouvez, je crois, retrouver les images de ces installations sur notre site internet www.priartem.com


- Question de : Internaute. Bonjour. Certains scientifiques affirment que les antennes relais sont dangereuses pour la santé et peuvent entraîner des cancers. Et d´autres affirment que c´est faux. Quelle est la vérité ?

Réponse : Aujourd´hui, il y a débat au sein de la communauté scientifique. Le développement massif de la téléphonie mobile est récent et on sait que la construction de la certitude scientifique prend du temps, surtout lorsqu´il y a des intérêts économiques et financiers importants en jeu. On peut constater que depuis 4-5 ans, les résultats montrant des effets sur nos organismes et sur notre santé des champs électro-magnétiques liés à la téléphonie mobile (antenne-relais et téléphone portable) s´accumulent battant en brèche la thèse du déni de risque. Des scientifiques internationaux viennent de publier un vaste rapport d´expertise montrant les preuves existantes liées à l´exposition de ces champs. Pour nous association Priartem, le risque existe. Il ne doit plus être ni nié, ni sous-estimé.

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