Téléphonie mobile : Les opérateurs partent en guerre contre les limites d’exposition inférieures à celles prônées par l’ICNIRP
par Priartem et Agir pour l’Environnement - Thème : La gestion des risques :: La réglementation
Communiqué de presse daté du 05 juin 2014

Paris, le 05 juin 2014 – S’appuyant sur les données très rassurantes du très décrié pré-rapport du SCENHIR (institution d’expertise européenne), publié en février dernier, les opérateurs par l’intermédiaire de leur organisation internationale GSMA, partent en guerre contre tous les pays, régions ou villes qui ont osé édicter des restrictions d’exposition plus sévères que celles proposées par l’ICNIRP et reprises par un très grand nombre de réglementations nationales.

Dans un rapport intitulé « Arbitrary Radio Frequency Exposure Limits : Impact on 4G network deployment », les opérateurs précisent les exemples de réduction des seuils d’exposition qu’ils ont en ligne de mire : Bruxelles et ses 6 V/m, l’Italie et ses 6 V/m, la Lithuanie et ses 6,1 V/m, la Pologne et ses 7 V/m et Paris et ses 5 V/m (ou 7 V/m pour la 4G).

Ils y assurent que ces restrictions – pourtant bien peu contraignantes mais bien plus strictes que les 41, 58 et 61 V/m proposées par l’ICNIRP – vont les empêcher de développer correctement la 4G.

Faisant fi des recommandations de réduction des expositions émises par des voix scientifiques de plus en plus nombreuses, faisant fi de la classification des radiofréquences comme possiblement cancérigènes par l’OMS - qui devrait se traduire immédiatement par des mesures de précaution et de protection des populations -, les opérateurs affichent la couleur : pour que leur business se développe au mieux et rapporte le maximum d’argent, ils doivent pouvoir augmenter sans la moindre contrainte les niveaux d’exposition. Et pour faire valoir leur point de vue auprès des responsables politiques, ils brandissent l’arme de l’emploi et du chômage.

La menace d’une exposition accrue alliée au chantage à l’emploi est à peine voilée ! Les riverains d’antennes relais sont donc prévenus : si la mobilisation citoyenne n’est pas au rendez-vous, si les associations ne restent pas vigilantes, si les responsables politiques cèdent à ces menaces les expositions aux ondes électromagnétiques seront plus fréquentes et plus élevées !

Or, pour tous les riverains, les valeurs-limites que contestent aujourd’hui les opérateurs, constituent déjà des seuils extrêmement élevés et susceptibles de nuire gravement à leur santé. Les associations se battent pourtant depuis des années pour faire reconnaître l’existence d’un risque lié à une exposition prolongée aux ondes électromagnétiques et pour obtenir une baisse drastique des valeurs-limites d’exposition. Elles proposent notamment suite aux recommandations de scientifiques qui reconnaissent l’hypothèse d’un risque, de retenir 0,6 V/m comme niveau réglementaire.

En janvier 2014, les députés français ont adopté une proposition de loi fondée sur la modération des expositions. Cette proposition de loi doit être débattue le 17 juin prochain au Sénat. Il faut absolument que les sénateurs non seulement ne reviennent pas sur cette avancée mais la renforcent en y intégrant le principe ALARA – As Low As Reasonably Achievable – qui veut que l’on expose au niveau le plus bas possible.

Le « progrès » technique ne doit pas se faire au détriment des préoccupations de santé publique. La vie de nos enfants en dépend. C’est le message que doivent entendre les responsables politique et qui doit guider leur action.


Contact presse :

Janine Le Clavez, présidente de Priartém – 01 42 47 81 54

Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement – 01.40.31.02.99

 
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