Radiofréquences et cancérogénicité : Priartem s’adresse à la Ministre de la santé
13 avril 2015 - par Priartem
Radiofréquences et cancer : Priartem demande une réévaluation du risque et de ses incidences.

Parallèlement à la plainte déposée auprès de la médiatrice, Priartem interpelle Marisol Touraine, ministre de la santé, afin qu’elle saisisse ses agences d’expertise et de veille pour une réévaluation du risque.


Paris, le 13 avril 2015

Objet : Radiofréquences et cancérogénicité

Madame la Ministre,

En 2013, dans la lignée du classement des radiofréquences comme cancérigènes possibles par le CIRC en 2011, l’ANSES, dans la mise à jour de son expertise, mettait en évidence des effets chez l’homme, « avec des éléments de preuve limités (…sur) les gliomes pour les utilisateurs intensifs et de neurinome du nerf vestibulo-acoustique dans des études épidémiologiques », les niveaux de preuve pour les autres cancers étant qualifiés d’insuffisants.

Depuis la réalisation de cette expertise, plusieurs enquêtes épidémiologiques, publiées par des équipes reconnues, ont montré des augmentations de risque pour des usages qui, somme toute, deviennent usuels y compris chez les plus jeunes. Des signaux inquiétants sont venus également d’études écologiques et d’études d’incidence mettant en lumière ce qu’il convient de qualifier d’épidémie pour certains cancers du système nerveux central. Ceci à tel point que certains scientifiques recommandent, dans des articles scientifiques, une révision d’urgence du niveau de preuve sur ces questions en 2A (cancérogène probable) et même 1 (cancérogène certain).

Par ailleurs, de très nombreuses études ont été publiées concernant notamment le stress cellulaire et la réponse adaptative, en lien avec les dommages et la réparation de l’ADN.

Tout récemment, une équipe a confirmé le rôle dans la promotion de tumeurs chez la souris, essentiellement sur le poumon, le foie et les lymphomes, à des niveaux inférieurs aux normes d’exposition du public en vigueur, remettant en question les paradigmes jusque là admis et pointant une possible perturbation du métabolisme par les radiofréquences (Lerchl 2015).

Eu égard aux graves implications possibles en matière de santé publique, nous sollicitons de votre part, la saisine de l’ANSES afin que soit réévalué de toute urgence, sur la base des publications scientifiques récentes, le niveau de preuve sur la question de la cancérogénicité des radiofréquences.

Ceci est particulièrement important puisque l’ANSES travaille actuellement sur une expertise radiofréquences et enfants, lesquels sont considérés unanimement comme étant plus vulnérables et seront, par ailleurs, plus longuement exposés au cours de leur vie que les génération précédentes.

Nous demandons également que l’INVS établisse un point épidémiologique précis sur l’évolution de l’incidence des différents cancers du système nerveux central en France. Et nous réitérons une demande depuis longtemps formulée de création de véritables registres du cancer pour permettre une veille sanitaire sur ces graves pathologies, la France accusant sur cet aspect, essentiel à toute politique de santé publique, un retard par rapport à de nombreux autres pays.

Nous vous interpellons par ailleurs sur les enseignements de la récente étude Lerchl 2015 concernant l’impact de l’exposition aux radiofréquences sur les tumeurs du poumon et du foie à des niveaux bien inférieurs aux valeurs réglementaires actuelles. Cette question a jusque là été très négligée et peu d’études s’y sont intéressées, tout comme celle d’un possible retentissement sur la thyroïde et le pancréas, organes centraux dans la régulation du métabolisme. Un effort en matière d’expertise et de recherche serait à engager sur ces questions orphelines.

Enfin, et en cohérence avec la récente loi adoptée en janvier dernier, nous vous demandons de mettre en oeuvre une véritable campagne d’information et de prévention, pour une réduction effective des expositions aux radiofréquences de la population, et tout particulièrement des enfants, afin de diminuer les causes évitables de cancer.

En vous remerciant d’avance de l’intérêt que vous porterez à nos requêtes et des suites que vous saurez leur donner, nous vous prions de croire, Madame la Ministre à notre plus parfaite considération et nous tenons à votre disposition pour toute précision supplémentaire.

Janine Le Calvez, Présidente de PRIARTEM


Copie de ce courrier a été transmise à Copie à Marc MORTUREUX – Directeur général de l’ANSES – et à François BOURDILLON - Directeur général de l’INVS

 
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