Quelle dose de téléphonie mobile supporte l’être humain ? (point de vue d’expert)
par Priartem

Position scientifique du physicien médical, le Dr. Lebrecht v. Klitzing

Le débat actuel concernant l’effet biologique des champs électromagnétiques sur fond d’installation massive du réseau de la téléphonie mobile a conduit à une controverse visiblement insoluble. Face à des données scientifiques croissantes d’un rapport biologique particulier des champs modulés par multiplexages temporels s’élèvent les soucis justifiés de la population exposée en permanence aux émissions d’une station relais de téléphonie mobile.

Une relation très nette entre des expositions de longue durée et des taux de leucémie sur des enfants, en Espagne, ont conduit à la nécessité d’interrompre un certain temps le fonctionnement de nombreuses antennes-relais. Et d’autres maladies qui faute de meilleures connaissances ont été rangées tout d’abord dans le domaine de maladies psychosomatiques, représentent aujourd’hui une réalité que les institutions officielles considèrent comme un tribut à une nouvelle technologie. Très rapidement on se réfère alors à des institutions d’environnement et de protection contre le rayonnement qui, à leur tour, se réfèrent aux indications de valeurs limites ICNIRP. Mais on passe consciemment sous silence que ces valeurs limites n’ont pas de base scientifique dans la mesure où on s’appuie là sur les effets immédiats, concrètement sur un temps d’exposition de 6 minutes.

On passe également sous silence que le mode particulier de modulation propre au standard GSM n’a nullement été étudié concernant son effet biologique dans une exposition de longue durée. On diffuse au contraire la contre information selon laquelle plus de 3000 études ont prouvé l’innocuité de ces champs.

Cette information est fausse dans la mesure où l’on parle ici globalement de tous les champs électriques, magnétiques et électromagnétiques de toutes les fréquences. Les opérateurs de téléphonie mobile se sont permis d’ailleurs d’extrapoler à l’UMTS la référence à ces 3.000 études (cahier des portables Deutsch Telecom).

Très consciemment on répand ainsi une fausse information en empruntant une voie apparemment sérieuse.

Concrètement, dans le domaine du standard GSM, on n’a réalisé que des tests de courte durée en laboratoire ou des études de cohortes dans des conditions mal définies des valeurs limites et des durées.

Mais la situation d’une famille vivant à proximité d’une sation-relais à émission permanente, n’a pas été étudiée.

Si on oppose ici l’indication d’une atteinte sanitaire à prendre très au sérieux, les opérateurs s’en sortent en parlant du modèle d’effet de champs à faibles doses. Il est malheureusement tout à fait vrai qu’on manque d’un modèle d’effet, mais on dispose d’autre part d’expériences multiples qui sont indéniables - et ceci est une pratique absolûment courante dans la médecine classique. Entre le moment où une tumeur p.ex. commence à se développer et le moment où on la découvre, il y a souvent des mois ou des années. Il est impossible d’apporter une preuve causale, mais souvent on sait par expérience que même en l’absence d’un modèle d’effets il existe souvent très clairement un lien de cause à effet.

Dans la contre-argumentation, on vous envoie ici très rapidement à l’absence d’une reproductibilité et une absence de possibilités de réunion de données. On constate clairement ici l’absence de connaissances concernant l’évaluation de processus biologiques. Dans un système aussi complexe comme on le trouve chez l’homme il faut tenir compte d’une multitude d’influences. Ou formulé autrement : l’atteinte sanitaire par la téléphonie mobile est en lien direct avec l’histoire individuelle et ne peut pas être rangée dans une schéma de statistique.

Ce qui doit donc primer ici c’est la précaution ou tout au moins l’indication d’un danger potentiel. Pour des raisons économiques, l’élaboration d’un savoir prend par moments beaucoup de temps, comme tout le monde l’a vu au sujet de l’amiante ou des produits de traitement du bois. Ce ne sont que deux exemples ; il y en a encore beaucoup d’autres, mais qu’on évite de soumettre à la discussion publique. On parle alors d’une dramatisation, un reproche qu’on fait aussi à la science sérieuse, lorsqu’elle tire la sonnette d’alarme à propos des conséquences d’une installation effrénée du réseau de la téléphonie mobile.

La précaution est possible et chez les enfants absolûment indispensable. Par des études importantes actuellement réalisées il se révèle une limitation du système immunitaire chez les enfants et adolescents.

Ici il faut signaler avec force le fait absolûment incontesté qu’un système immunitaire troublé pendant la phase pubertaire ne saura réagir que de manière atténuée durant toute la vie ultérieure. Et ceci est irréversible !!!

Ici les responsables devraient répondre à la question à savoir qui paiera pour les dommages qu’on peut prévoir dès maintenant. Très certainement pas les opérateurs, car ceux-ci se cachent derrière l’ICNIRP ou des institutions semblables. Les politiciens ne pourront pas se tirer d’affaire en déclarant que l’état actuel de la science n’a pas signalé de problème. Il faut s’orienter sur l’état actuel de la science qui affirme qu’il y a là une bombe à retardement dont on ne peut apparemment plus disjoncter le détonateur. Et tous les jours de nouvelles bombes systémiques s’y ajoutent, sous forme de WLAN, Bluetooth, TETRA ...

Ces mises en gardes figurent dans des publications scientifiques sérieuses ; des sources de données que les responsables - selon l’expérience du passé - évitent consciemment de consulter.

Pour revenir à la question du début : Quelle dose de téléphonie mobile peut être supportée par l’homme ?

Aujourd’hui nous n’avons pas encore une réponse absolûment claire, mais un nombre écrasant de données montre que le système biologique de l’homme réagit avec bien plus de sensibilité à ces champs modulés par multiplexages temporells qu’aux champs électromagnétiques de modulation de fréquence et d’amplitude utilisés jusqu’ici. Les valeurs limites ont été établies en fonction des champs de haute fréquence continus (continuous wave) ; ici on ne connaît pas les effets biologiques dans le domaine athermique.

Lebrecht von Klitzing, PhD, visit. Prof. (CN)

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