Principe de précaution et stations relais de téléphonie mobile
par Priartem

Propos d’experts : Roger Santini

Le téléphone mobile cellulaire utilise des fréquences (ou micro-ondes) pour se connecter avec les stations relais qui sont pulsées en extrêmement basses fréquences.

L’exposition est qualifiée de champ proche pour l’utilisateur d’un portable et de champ lointain pour les populations riveraines de stations relais.

TÉLÉPHONES MOBILES CELLULAIRES et STATIONS RELAIS

Le téléphone mobile cellulaire, qu’il soit analogique ou digital, utilise des fréquences (ou micro-ondes) pour se connecter avec les stations relais. Dans la technologie digitale (prépondérante sur le marché) ces hyperfréquences, en 900 MHZ pour le système GSM et 1800 MHZ pour le système DCS, sont pulsées en extrêmement basses fréquences. L’exposition est qualifiée de champ proche pour l’utilisateur d’un portable et de champ lointain pour les populations riveraines de stations relais. Au regard de l’existence d’effets biologiques générés par cette technologie (1), on peut se demander pourquoi les sociétés distributrices de ces téléphones :

- incitent les possesseurs de portables à les utiliser de plus en plus, alors que des effets biologiques, en relation avec la durée et le nombre de communications, sont rapportés(2).

- essaient de développer les ventes de portables destinés aux enfants alors qu’ils présentent, par rapport aux adultes une plus grande sensibilité aux hyperfréquences et aux extrêmement basses fréquences (1).

Il importe de préciser que le Parlement Européen, en adoptant les prénormes américaines, ne reconnait que le seul risque hyperthermique résultant d’une exposition de courte durée aux micro-ondes ; le public risque alors une exposition à des densités de puissance hyperfréquences de 450 microWatts/cm2 et de 900 microWatts/cm2 respectivement pour le 900 et le 1800 MégaHertz. L’Italie, dans un décret de 1998 (3), considère au contraire l’existence d’effets non thermiques et demande de ne pas dépasser pour ces fréquences 10 microWatts/cm2 afin de protéger la santé des populations riveraines de stations relais.

Sur ce point, la France vient de prendre une position allant dans le sens de l’application du principe de précaution. En effet, une lettre du Directeur de la Santé et une circulaire du Secrétaire d’Etat au Logement de 1999 traitant des installations de stations de base de téléphonie mobile sur des balcons d’immeubles HLM (4) :

- soulignent la nécessité de s’entourer de précautions avant d’implanter de nouvelles stations relais de téléphones mobiles cellulaires,
- demandent que des mesures de champs électromagnétiques soient effectuées dans l’environnement des stations relais existantes,
- précisent que : "L’adoption de ces dispositions devrait conduire à la remise en cause d’installations non conformes, ou, lorsque les émetteurs sont fixés sur les balcons, à une restriction d’usage totale ou partielle de ces balcons voire dans certains cas, à une restriction de certaines pièces d’habitation".

Au regard de ce qui précède, il est souhaitable que des mesures de protection prises pour les populations résidant en HLM, soient étendues à l’ensemble des logements individuels et collectifs et cela conformément au principe de précaution. Il est cependant difficile d’apprécier le niveau d’exposition des populations riveraines de stations relais.

Trois raisons, au moins, peuvent être avancées (5) :
- La dispersion des hyperfréquences, dans l’espace et sous l’horizontale, crée autour des antennes de stations relais des zones plus ou moins "riches" en champs électromagnétique. Le lobe principal dirigé vers l’avant est plus puissant que les lobes secondaires situés en arrière et sur les côtés de l’antenne.
- L’existence dans l’environnement des stations relais de structures métallique (châssis et volets de fenêtres, grilles antivol des fenêtres, portes de garage...) susceptibles de jouer un rôle de "réémetteurs passifs" pouvant amplifier les ondes hyperfréquences.
- Le fait que les densités de puissance électromagnétiques émises par les stations relais sont dépendantes du nombre de communications traitées par la station. Ceci peut conduire à des fluctuations de puissances générées dans l’environnement en fonction des moments de la journée, voire des périodes de l’année.

Il convient d’insister sur le fait qu’il n’existe pas de textes officiels précisant la nature des risques biologiques pouvant résulter de l’exposition à l’association d’hyperfréquences et d’extrêmement basses fréquences (cas de la technologie des portables). Actuellement, personne n’est en mesure de dire si les effets biologiques connus pour les hyperfréquences d’une part et les extrêmement basse fréquences d’autre part, seront modifiés (réduits ou augmentés) du fait de cette association. Un comportement basé sur la notion d’évitement prudent du risque doit s’imposer à l’ensemble de la population.

Bibliographie :

(1) R. SANTINI, Téléphones cellulaires, danger ?, Editions Marco Pietteur, 1998, 208 pages. (2) K.H. MILD et Coll., Comparison of symptoms experienced by users of analogue and digital mobile phones, Rapport du National Institute for Working Life, Department of Technical Hygiene, Umeå, Sweden, 1998, 74 pages. (3) Décret n° 381 des Ministres de l’environnement, de la santé et de la communication italienne, Gazzetta Ufficial della Republica Italiana, 10 septembre 1998, n° 257, pages 9-12. (4) Lettre DGS/VS3 n°187 du Directeur Général de la Santé et Circulaire UHC/QC/9 n°99-31 du 15 avril 1999 du Secrétaire dEtat au Logement. Installations de stations de base de téléphonie mobile sur des balcons d’immeubles HLM, Le Moniteur, 1999, n°4985, page 438. (5) R. SANTINI, Les téléphones cellulaires et leurs stations relais : Risques pour la santé ? La Presse Médicale, 1999, 28 :1884-1886.

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