PRIARTEM demande un droit de réponse à Que Choisir
par Priartem - Thème : La gestion des risques


- Lettre à Monsieur Bazot, président et directeur de la publication Que Choisir ;

- Demande d’insertion ;

- Note critique de Priartem à propos de l’enquête de Que Choisir sur le sujet des ondes électromagnétiques

Objet : demande d’insertion

Lettre ouverte – copie aux associations UFC locales

A Monsieur le Président, directeur de la publication Que Choisir,

Monsieur le Président,

Dans le n° de janvier 2015 de la revue Que choisir, vous avez fait paraître un article rédigé par Erwan Seznec et intitulé « Ondes électromagnétiques – le jeu trouble des associations ».

L’association que je préside, Priartem, est explicitement visée dans cet article.

Les arguments utilisés à l’encontre de Priartem étant dénués de fondement, je vous demande de bien vouloir procéder à l’insertion du texte ci-annexé (PJ 1) conformément à l’article 13 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté d’expression.

Nous ne reprochons pas à cet article de ne pas partager nos positions, nous lui reprochons d’être « à charge ». Non seulement cet article est émaillé d’un nombre rédhibitoire d’erreurs factuelles et de raisonnements, ce dont nous faisons la démonstration dans la note ci-jointe (PJ 2), mais il procède également par amalgames et insinuations, qui n’ont pour but que de discréditer l’ensemble du mouvement qui tente de faire émerger la question des risques sanitaires et environnementaux des ondes électromagnétiques.

Pour ce qui concerne l’amalgame, la preuve est vite faite puisque celui-ci apparaît dès le titre particulièrement calomnieux « le jeu trouble des associations ». Priartem a déjà connu dans le passé des attaques visant à la faire passer pour une secte. Nous sommes donc particulièrement attentifs à l’usage de certains termes. Le « jeu » tout d’abord, comme si nous étions là pour nous amuser à faire peur, puisque c’est de cela dont on nous accuse. Ceci est choquant pour nous tous bénévoles qui nous battons pour faire reconnaître le « droit de chacun à vivre dans un environnement équilibré et favorable à la santé » (art. 1 de la charte constitutionnelle de l’environnement). Mais le titre va encore plus loin puisqu’il accole au « jeu » le qualificatif de « trouble ». On voit derrière ces termes apparaître des forces obscures qui poursuivraient des objectifs bien différents des objectifs affichés. Et pour finir « des associations » toutes celles citées dans l’article se trouvant ainsi visées par ce quasi procès en sorcellerie. La volonté de nuire est claire donc dès le titre.

Pour ce qui concerne l’aspect désinformation, nous joignons une note d’analyse point par point des omissions, inexactitudes, raccourcis… qui émaillent cet article dont vous nous dites dans votre réponse du 9 janvier à un premier courrier que je vous ai adressé pour m’étonner de la parution de cet article dans votre revue, qu’il « repose sur une enquête de près de trois mois ». Au vu du résultat, nous sommes en droit de nous demander si cette enquête a été menée avec la neutralité, ou au moins la distance, nécessaire à un bon travail journalistique. Dans une réponse à l’un de nos adhérents, l’auteur de l’article écrit « la rencontre avec des représentants de Priartem n’a pas été refusée, elle a eu lieu avant publication. Les arguments de Priartem, les témoins de Priartem n’ont pas emporté ma conviction. » . Dans un travail journalistique sérieux, il aurait été effectivement normal que les associations soient contactées avant d’être ainsi stigmatisées. Or, à notre connaissance, aucun « représentant » de Priartem n’a été « rencontré » dans le cadre de cette enquête.

Dans votre réponse du 9 janvier à mon précédent courrier, vous soulignez également que la position de l’UFC Que Choisir n’a pas évolué depuis 2008. Pourtant, nous remarquons que, dans un article du 16 octobre 2013 intitulé « Ondes électromagnétiques – réduire les expositions » , votre revue s’est fait l’écho de la sortie du dernier rapport de l’ANSES, en des termes totalement opposés aux propos que vous tenez dans votre courrier. Par ailleurs, comme je vous l’ai déjà écrit dans mon courrier du 5 janvier dernier, il ne m’a jamais semblé que nos positions étaient très éloignées de celles des représentants de l’UFC Que choisir que je peux rencontrer dans un certain nombre d’instances.

Il semblerait que les ondes électromagnétiques soit l’un des rares (le seul ?) domaine dans lequel l’UFC Que Choisir fait preuve d’un angélisme touchant et d’une confiance aveugle dans la communication des industriels. Ainsi, les valeurs de DAS que vous publiez dans vos tests labo concernant des téléphones portables ou des objets connectés n’émanent pas de vos propres mesures mais des données fournies par les constructeurs, comme précisé dans votre revue. Nous avons par ailleurs eu la surprise d’entendre l’auteur de l’article, Erwan Seznec, déclarer lors d’un débat télévisuel « Mais pourquoi est-ce que les opérateurs mentiraient ? » . Nous osons lui conseiller, pour répondre à cette brûlante question, la lecture d’un excellent ouvrage dont l’un des co-auteurs n’est autre que … Erwan Seznec. Dans cet ouvrage, paru en 2009 et intitulé « Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours », un des chapitres traite de la question du poids des lobbys dans le dossier des ondes électromagnétiques .

Nous remarquons également que les ondes électromagnétiques est un des rares (le seul) domaine où la publication que vous dirigez s’en prend avec une telle violence au mouvement associatif, sans la moindre nuance et nous nous interrogeons sur la finalité de cette attaque en règle ?

Votre courrier du 9 janvier suggère une piste de réponse mais nous n’osons imaginer que c’est ce qui justifie le renversement de la position de votre revue. « Pourrions-nous continuer à conseiller des téléphones et des tablettes, si des doutes grandissaient réellement quant à leur innocuité ? », écrivez-vous ainsi. Il ne faudrait pas que la volonté de conseiller vos lecteurs consommateurs d’objets connectés constitue un frein à la prise en compte de « ces doutes » qui, contrairement à ce qui allégué dans l’article litigieux, grandissent, comme le montre la note jointe (PJ2).

Je voudrais conclure ce courrier en insistant sur le fait qu’en publiant cet article, et sa suite , vous portez et vous faites porter à Que Choisir une responsabilité extrêmement importante. En effet, de par la réputation d’indépendance et de sérieux capitalisée par l’association que vous présidez, elle est aujourd’hui un prescripteur d’opinion incontournable vis-à-vis des pouvoirs publics, médiatiques, de vos lecteurs et plus généralement des consommateurs. Ainsi, vous accréditez dans les esprits l’idée qu’il n’y aurait aucun danger à utiliser les appareils que vous conseillez (voir également le retour de courrier rédigé par Erwan Seznec ). Ceci est extrêmement grave car vous encouragez, de fait et en vous basant sur une analyse biaisée, un usage sans précaution et contraire aux recommandations circonstanciées des instances sanitaires nationales . Vous induisez en outre une déresponsabilisation des consommateurs vis-à-vis de leur usage, y compris celui des plus jeunes et des parents vis-à-vis de celui de leurs enfants. Enfin, de par votre attitude vis-à-vis de notre mouvement, vous empêchez une convergence des intérêts des consommateurs que votre association défend, avec les questions sanitaires et environnementales que nous portons, et ce contrairement aux statuts de votre association qui intègrent pourtant ces dimensions.

Je le regrette vivement.

En vous remerciant d’avance de bien vouloir publier dans son intégralité notre demande de droit de réponse (PJ1) dans votre prochain numéro ainsi que sur INTERNET

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expresion de mes salutations. distingées.

Janine Le Calvez Présidente de PRIARTEM


- PJ 1 : demande d’insertion

- PJ 2 : note critique sur l’article « Ondes électromagnétiques – le jeu trouble des associations » paru en janvier 2015


- 1-Mail de M. Erwan Seznec du 13/01/2015

- 2-http://www.quechoisir.org/telecom-multimedia/telephonie/actualite-ondes-electromagnetiques-reduire-l-exposition]

- 3-http://replay.publicsenat.fr/emissions/le-debat/faut-il-avoir-peur-des-ondes-/marc-khanne,jean-pierre-marc-vergnes,laurence-abeille,erwan-seznec,etienne-cendri/167945, à la minute 19’28

- 4-http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Histoire_secrete_du_patronat_de_1945_a_nos_jours-9782707178930.html

- 5-Chapitre Quand les opérateurs de téléphonie mobile jouent avec la santé publique, par Benoît Collombat 2009 : les antennes-relais dans le collimateur de la justice - EDF savait dès 1983 : le document qui accuse - Quand les industriels orchestrent le lobbying - Des expertises financées par l’industrie - Quand la recherche déplaît, on coupe les crédits - Des conseillers de Jospin sur la téléphonie mobile qui « pantouflent » chez les opérateurs

- 6-Ondes électromagnétiques - Retour de courrier – erwan Seznec, Que Choisir N° de mars 2015

- 7-« Il faut aussi rassurer les consommateurs : en l’état actuel des connaissances, les tablettes, smartphones, portables et autres appareils fonctionnant par les ondes recommandés chaque mois par Que Choisi ne sont pas dangereux ! »

- 8-Depuis 2008, deux rapports de l’ANSES ont été publiés, tous deux indiquant l’existence d’effets biologiques et recommandant la réduction des expositions. Les campagnes de l’INPES, bien que très en deçà de nos exigences, sont sans ambiguïté quant aux recommandations pour l’usage du portable : protéger les jeunes, porter une oreillette, éloigner des implants cardiaques, ne pas téléphoner en déplacement ou dans les zones de mauvaise réception, s’informer sur le DAS... http://www.lesondesmobiles.fr/#rub7

 
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