Le programme "REFLEX"
30 octobre 2007 - par Priartem
REFLEX, programme européen non financé par les industriels : les résultats apportent la preuve des effets génotoxiques des ondes de la téléphonie mobile : augmentation des cassures de chromosomes, ruptures des molécules d’ADN... tous événements qui peuvent être à l’origine du processus de cancérogénèse.

Les résultats du programme « REFLEX », financé par la Commission européenne, le Gouvernement Finlandais et la Gouvernement Suisse ont été rendus publics en décembre 2004, lors d’une conférence du coordinateur scientifique de celui-ci, le Professeur Adlkoffer, Directeur scientifique de la Fondation VERUM. Priartem en a publié la traduction intégrale dans sa Lettre n° 16/17, de juin 2005, (traduction réalisée par Marion Dupuis, coordinatrice Priartem).

Auparavant, le Professeur Adlkoffer avait présenté lors d’un colloque international certains résultats marquants de ces recherches (Symposium I / Special Symposium IV B : 25ème Meeting, June 2003)

Rappelons le contexte de ce programme : impliquant 12 équipes de recherche européennes, il s’agit du seul programme financé exclusivement sur fonds publics.

Objet : le projet s’est fixé comme objectif de vérifier si les Radiofréquences (EMF) de la téléphonie mobile représentent un risque pour la santé des humains.

„Notre hypothèse de départ fut que même en recourant aux techniques d’études les plus modernes nous ne serions pas capables de pouvoir apporter la preuve que les EMF peuvent influencer négativement le programme de cellules vivantes. Comme vous allez le voir, les choses se sont passées autrement qu’attendues.“ (Conférence de presse Adlkoffer, décembre, 2004, traduction Marion Dupuis, Lettre Priartem 16/17)

Méthodologie : exposition de cellules vivantes à des ondes électromagnétiques de 1800 MHz et analyse des chromosomes à l’aide de deux types de tests : les test « micronucleus » (MNT et l’Assay-Comet.

Il s’agissait d’études en double aveugle afin « d’exclure à l’avance l’influence d’attentes subjectives du côté du chercheur.“ (Adlkoffer, id)

Les chercheurs ont joué sur deux variables :
- la valeur du SAR : ont été retenues les valeurs comprises entre 0,2 à 3,0 W/kg alors que la norme réglementaire s’élève à 2,00W/kg).
- la durée d’exposition.

Résultats :

Les résultats du Programme REFLEX démontrent les effets génotoxiques des ondes de la téléphonie mobile. Ils ont observé, notamment, un nombre plus important, dans les cellules exposées que dans celles qui ne l’étaient pas, des cassures de chromosomes, des ruptures des molécules d’ADN (molécule support de notre patrimoine héréditaire) dans différents types de cellules humaine et animales en cultures.

Par ailleurs, la synthèse des HSP (protéines de stress) est très augmentée (entre autres HSP 27). Le professeur Adlkoffer se réfère à l’interprétation que donne de ces résultats le professeur Lesczinsky (Helsinki) : „Le professeur Lesczinsky en déduit 2 hypthèses :

. l’accroissement, à travers une cascade d’évènements de la perméabilité de la barrière hémato-encéphalique… ce qui rend possible l’entrée d’éléments cancérogènes du sang dans le cerveau et peut contribuer au développement de tumeurs cancéreuses ; . HSP 27 freine, à travers une cascade d’évènements, l’apoptose, ce qui fait que les cellules souffrant déjà de dégénérescence cancéreuse échappent au „suicide programmé“ … et peuvent donc continuer leur développement vers une cellule cancéreuse.“ (Cf. La Lettre de Priartem, 16/17)

Quelques conclusions du Professeur Adlkoffer :

« Les RF-EMF sont à même de produire, en )dessous des limites de sécurité actuellement en vigueur des ruptures d’ADN,… d’augmenter le nombre d’aberrations chromosomiques… et de modifier l’expression des gènes dans divers systèmes de cellules. »

« Ces résultats sont, jusqu’ici, soit ignorés, soit, lorsque ceci n’est plus possible, critiqués comme étant éminemment douteux et ce de la part des milieux concernés. Ils accroissent la probabilité d’un lien causal entre l’exposition à ces RF et le développement de maladies chroniques ou seulement de troubles fonctionnels ».… « Comme une régulation erronée de ces processus (prolifération, différenciation, apoptose) constitue la base de toutes les maladies chroniques, telles que cancer, Alzheimer…, la clarification de cette question doit être au centre des futures recherches. »

« Les résultats de REFLEX confortent la conviction que le principe de précaution pour la protection de la population devra être reconnu par les décideurs de l’industrie et de la politique ». (La Lettre de Priartem, 16/17)

Commentaires de Priartem :

Les résultats de REFLEX ont été publiés, en France, par notre association. Sans nous, ils n’auraient sans doute pas réussi à traverser la frontière franco-allemande. Mais malgré nos efforts, ils sont aujourd’hui encore largement sous-estimés alors même que le Professeur Stewart s’appuyait, en 2005, sur ces résultats pour justifier ses incitations à la prise de mesures de protection des populations et tout particulièrement des populations jeunes.

Nous noterons que les différents comités ou commissions chargés de faire une synthèse des connaissance actuelles sur la question préfèrent continuer à auditionner toujours les mêmes experts (le Comité scientifique parisien a ainsi auditionné B. Veyret et R. De Sèze ; le SCENIHR a également interrogé R. De Sèze) plutôt que d’entendre le Professeur Adlkoffer et les résultats désagréables pour l’industrie et préoccupants pour les politiques qu’il a à présenter à l’issue d’un programme dont nul ne peut mettre en doute ni le sérieux ni l’indépendance.

Mots-clés associés à cet article : effets génotoxiques
 
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