Karolinska : multiplication par 4 des risques de neurinome de l’acoustique au-delà de 10 ans d’utilisation

Une confirmation de plus !

Une étude réalisée par l’Institut d’études suédois Karolinska (Institut de médecine environnementale) révèle que le risque de tumeur à l’oreille (neurinome*) est quatre fois plus important chez les personnes utilisant un téléphone portable depuis 10 ans ou plus.

Cette étude a été réalisée dans le cadre de la vaste enquête lancée à l’initiative de l’OMS et coordonnée par le CIRC (Centre international de la recherche sur le cancer) sous la direction d’Elisabeth Cardis.

Nous rappellerons ici que nous n’avons jamais réussi à obtenir le moindre renseignement sur cette enquête auprès du CIRC auquel nous nous étions adressés dès 2001. Nous ne connaissons pas les protocoles d’enquête retenus pas plus que les équipes qui y participent. Jusqu’à la publication des résultats de l’institut de Karolinska, la seule chose que nous savions était que la date de remise des résultats était retardé- d’année en année, d’abord 2003, puis 2004…

Il est vrai que si tous les résultats sont à l’image de ceux que viennent de rendre publics les chercheurs suédois, on comprend le peu d’enthousiasme que mettent les instances officielles à les diffuser.

En effet, ces résultats nécessitent la prise de dispositions immédiates de gestion de risques qui seraient susceptibles de contrarier le développement de la téléphonie mobile et donc les intérêts financiers énormes qui sont en jeu. Le silence du ministère de la Santé à la suite de la publication des résultats de l’étude suédoise est donc, pour nous qui nous battons non seulement pour l’application immédiate du principe de précaution, mais plus encore pour une politique publique de gestion du risque, totalement assourdissant.

Les chercheurs de l’équipe suédoise ont travaillé sur les effets à long terme des portables sur le nerf auditif. Les résultats révèlent que si, en deçà d’un usage sur longue période (dix ans), on ne constate aucun effet statistiquement représentatif, il n’en va pas de même au-delà de cette durée d’utilisation.

Mais, nous dira-t-on, les chercheurs on travaillé sur les portables analogiques or maintenant ce sont des portables numériques qui sont commercialisés. Ceci est vrai. De là à conclure, comme le font déjà les opérateurs, que l’étude a montré qu’avec cette nouvelle génération de portables il n’aurait été observé aucun risque, il y a plus d’un pas. Les chercheurs ont, en effet, précisé, qu’ils n’avaient pas pu travailler sur les effets des téléphones numériques parce que nous n’avions pas le recul nécessaire quant à son utilisation par la population.

Ces résultats viennent enrichir le panel des études prouvant des effets sanitaires graves générés par l’exposition aux champs électromagnétiques de la téléphonie mobile. Après les études révélant une perméabilisation de la barrière hémato-encéphalique (Aubineau), celles montrant une augmentation des cancers du cerveau (Hardell), les résultats de l’équipe de Karolinska apparaissent comme un signal inquiétant de plus. On nous dira que l’usage du portable est un acte individuel et relève donc du libre-arbitre de chacun. Il ne pourra pourtant être considéré comme un acte totalement libre que lorsque chacun sera parfaitement informé des risques qu’il prend.

Nous interpelons le ministère de la Santé sur cette question (cf. lettre jointe). Parallèlement une question écrite lui sera posée à l’Assemblée par Pierre Goldberg, député de l’Allier.

Nous considérons que toute absence d’actions des pouvoirs publics ne peut que s’apparenter, en l’état d’actuel des connaissances, à une mise en danger de la vie d’autrui. De même, le lancement par les opérateurs de toute campagne promotionnelle à destination des publics jeunes, constitue, à nos yeux, une véritable infraction pénale.

 
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