Génotoxicité - Le génome agressé, ce qu’il faut savoir
par Autre

Journal de l’Institut Curie ; Editions Curie Article paru dans le trim. n°60 nov. 2004

par Isabelle Masson ; Centre de vulgarisation de la connaissance, université Paris XI

Au cœur de la cellule, archive de toutes les informations génétiques, le génome est la véritable carte d’identité de la cellule. Il doit être préservé des ennemis qui le menacent. Des substances ou des rayonnements dits « génotoxiques » peuvent en effet compromettre son intégrité, aboutissant parfois à l’initiation d’un processus cancéreux.

Le génome agressé

Une tumeur cancéreuse est un amas de cellules qui ont perdu leur identité et prolifèrent anarchiquement.

Sous l’effet d’agents génotoxiques, qui altèrent la structure du génome, l’accumulation de mutations (5 ou 6, certaines affectant des gènes « contrôleurs » du cycle cellulaire1) peut conduire la cellule à un processus de cancérisation.

Les coupables et leurs méfaits

En permanence, l’ADN2, support de l’information génétique, subit des agressions d’agents génotoxiques qui proviennent de l’activité de la cellule (espèces réactives de l’oxygène) ou de l’environnement :

* certains produits alimentaires (barbecue, charcuteries, céréales ou arachides mal conservées…) ;

* pollution (émissions des diesels, par exemple) ; fumée de tabac (avec un record de 50 substances cancérigènes dont de nombreux génotoxiques !) ;

* rayonnements « ionisants » (rayons UV du soleil, rayons X des radios médicales et radioactivité) ;

* certains virus.

Ces agents génèrent des lésions (cassures des brins de l’ADN, ajouts de pont entre les brins, intercalations de molécules dans l’ADN, etc.).

Les contrôles qualité…

Heureusement, des « gardiens du génome » évitent la transmission des anomalies aux cellules-filles, lors de la division cellulaire. D’abord, les « contrôleurs » (gènes suppresseurs de tumeur comme p53) stoppent le cycle cellulaire1 quand l’ADN est endommagé 2. Le cycle cellulaire ne reprend sa progression qu’une fois les dommages réparés par les « réparateurs » 3. Si les dégâts sont trop graves ou trop nombreux, la cellule meurt ou les « contrôleurs » lui ordonnent de « se suicider » 4.

...Ou la perte de contrôle

Hélas, les « contrôleurs » et les « réparateurs » peuvent être eux-mêmes défaillants (mutations héréditaires ou lésions accidentelles par des génotoxiques). Pire, les altérations peuvent réveiller des gènes « accélérateurs » de la multiplication cellulaire (oncogènes) ! Lorsque ces gènes clés sont touchés, la cellule défectueuse se divise sans contrôle, ses cellules filles héritent de l’anomalie sous forme de mutation – pouvant toucher un seul gène ou tout ou partie d’un chromosome. Sans surveillance ni entrave, ces cellules accumulent de nombreuses mutations : le prélude au cancer 5.

Isabelle Masson Centre de vulgarisation de la connaissance, université Paris XI

 
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