Démission du Directeur scientifique de l’AFSSE
par Priartem
Dans une tribune libre du journal Le Monde (édition du 10 juin 2005), Denis Zmirou, Directeur scientifique de l’Agence, en évoquant les motifs de sa démission, discrédite définitivement l’expertise officielle de l’AFSSE

A PROPOS DE LA DÉMISSION DE DENIS ZMIROU

Pour justifier sa démission, Zmirou discrédite définitivement l’expertise officielle dans le domaine de la santé environnementale.

Après avoir démissionné voilà plus de deux semaines, D. Zmirou vient de rendre publics dans le Monde (Edition datée du 10 juin) les motifs de sa démission. Crise de conscience à retardement ou fuite au moment où le bateau risque de couler ? Ses déclarations ne permettent pas de trancher mais, pour qui a suivi l’évolution du dossier de la téléphonie mobile, un certain nombre d’arguments viennent conforter les analyses que nous avons souvent développées sur la question de l’expertise.

Comme nous, mais avec retard, ce qui ne le dédouane pas de ses responsabilités, le voilà qui reconnaît que "Le champ de l’environnement et de la santé est, par nature, propice aux jeux d’influence pour la défense d’intérêts variés. Les sujets traités ont souvent des implications socio-économiques importantes."

Comme nous, mais avec retard, il met en cause la qualité, la représentativité et l’indépendance des comités d’experts mis en place par l’AFSSE : il regrette que, alors que "tous les pays avancés ont mis en place des dispositifs concourant à l’impartialité de l’expertise", l’AFSSE n’ait pas su satisfaire à cette exigence. Il précise : "L’instauration de règles sur la traçabilité et la transparence des procédures d’expertise vise à permettre à toute partie intéressée de vérifier leur caractère non biaisé. Enfin, la prise en compte de l’ensemble des points de vue scientifiques sur le sujet traité dans une perspective multidisciplinaire et l’organisation du débat entre experts qualifiés ne partageant pas la même interprétation des faits, si c’est le cas, est une condition essentielle. Dans tous les cas, la direction de l’agence d’expertise doit s’interdire de s’ingérer dans la production scientifique en suggérant telle interprétation ou présentation des faits. Elle doit s’obliger à exposer le résultat de ce travail difficile dans les meilleurs délais, après pleine validation par les experts, en l’accompagnant des recommandations qu’elle juge nécessaire de formuler.Ces principes n’ont malheureusement pas été scrupuleusement respectés par la direction de l’Afsse. En témoigne l’extrême frilosité de l’expression publique de l’Agence, peu soucieuse de s’exposer à l’interpellation extérieure."

Même s’il paraît surprenant de voir le directeur scientifique de l’AFSSE dénoncer des dysfonctionnements dans des secteurs qui a priori relevaient directement de sa compétence, même si on ne peut s’empêcher de considérer qu’il s’agit là pour lui de "prendre la tangente pour ne pas porter le chapeau", on s’en réjouira car "mieux vaut tard que jamais".

Il enfonce le clou, discréditant définitivement les groupes d’experts réunis par l’AFSSE et les avis qu’ils ont pu formuler : "La construction d’une capacité d’expertise publique indépendante faisant autorité dans notre pays et au plan européen dans le champ de la sécurité sanitaire engage l’ensemble de l’Etat. Celui-ci n’a pas su ou voulu prendre toute la mesure de sa responsabilité."

Comme nous, enfin, il dénonce, mais avec retard les risques sanitaires qui peuvent en découler : "Nous avons profondément modifié nos milieux de vie au cours du siècle écoulé. Nous payons et nos enfants paieront demain le prix de nos aveuglements".

Et il en conclut que tout cela " met en cause la légitimité et l’utilité même de l’Afsse".

Ouf ! La dénonciation est rude ! Il est dommage qu’elle arrive si tard, après que son auteur ait accepté de couvrir tant de mensonges scientifiques !

Zmirou a-t-il justement refusé de couvrir le dernier mensonge des scientifiques officiels sur la téléphonie mobile alors même que son homologue britannique prenait la peine d’alerter le gouvernement et l’opinion publique ? C’est la question que l’on peut se poser car un avis de l’AFSSE est attendu depuis plusieurs mois déjà sur le portable et les enfants suite aux nombreuses interpellations lancées au Ministre par Priartem et Agir pour l’environnement mais il n’est toujours pas publié.

Quoi qu’il en soit aujourd’hui la cause est entendue. Dénoncés par celui-là même qui sert de caution permanente à tous ceux qui veulent se cacher derrière une parole scientifique rassurante (élus, magistrats, décideurs politiques à tous les niveaux, représentants des administrations concernées…), les rapports d’expertise sur la téléphonie mobile, tous rédigés par les mêmes experts, ceux-là même qui ont produit, dans des conditions que nous avons déjà souvent dénoncées, le rapport de l’AFSSE, sont définitivement nuls et non avenus. Nous arrivons donc à une situation où, sur ce sujet si controversé, nous nous trouvons aujourd’hui devant un vide qu’il est nécessaire de combler très vite en mettant en œuvre les conditions d’une expertise réellement impartiale.

Mots-clés associés à cet article : AFSSE/AFSSET
 
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