Atteintes génétiques chez les utilisateurs de téléphone mobile : quelques résultats préliminaires
par Priartem
Pour l’auteur, Gursatej Gandhi, Anita, (Departement of Human Genetics, Guru Narak Dev University,143 005) ; un grave problème de santé se pose actuellement du fait de l’essor permanent de la téléphonie mobile, exposant le public à des champs électromagnétiques (CEM) de type micro-ondes. Les radiocommunications opèrent généralement dans la bande de fréquence de 400 à 2000 Mhz. De nombreux effets biologiques, liés à ces Radiofréquences (RFR), ont déjà été signalés, et nombreuses aussi sont les controverses concernant le risque cancéreux et la génotoxicité résultant de l’exposition à ces RFR, autant in vivo qu’in vitro.

« Genetic damage in mobile phone users : some preliminary findings », Gursatej Gandhi, Anita Indian Journal of Human Genetics May August 2005 vol 11 Issue 2. Gursatej Gandhi, Anita, (Departement of Human Genetics, Guru Narak Dev University,143 005) ;

C’est apparemment, selon l’auteur, la première étude de génotoxicité réalisée directement sur les utilisateurs de téléphone mobile.

Elle porte sur les dommages causés à l’ADN et aux chromosomes, dans les lymphocytes du sang périphérique et capillaire. La micro circulation cutanée est totalement soumise à ces CEM, dont les plus basses fréquences pénètrent à plus de 1mm sous la peau. D’une manière générale, plus la fréquence est élevée, moins l’onde est en mesure de pénétrer la matière. Les risques sanitaires potentiels résultant des faibles niveaux d’exposition (radiofréquences et micro-ondes) permettent d’évoquer une corrélation suffisamment évidente entre ces expositions et des pathologies. Un comité d’éthique a supervisé ces recherches.

Méthodes Des volontaires ont été sélectionnés en fonction de la durée d’utilisation du mobile ; un grand nombre de renseignements ont été recueillis, concernant leur style de vie et leur état de santé. Il en a été de même pour un groupe de témoins n’ayant jamais utilisé de portable.

Les échantillons sanguins, recueillis par piqûre digitale, ont été soumis d’une part à un test SCGE/Comet (sur ce test, cf encadré page 2 ), permetant de détecter des ruptures de la molécule d’ADN et, d’autre part, au test MNT (micronuclei), permétant de déceler les cassures au niveau des chromosomes. Les observations au microscope ont été doublement vérifiées, de manière aléatoire.

Résultats

Compte tenu de l’amplitude des dommages constatés, ces premiers résultats, même s’ils ne portent que sur un petit effectif, méritent d’être signalés. Les lymphocytes du sang périphérique de 24 sujets, utilisant le mobile depuis 1 à 5 ans - moyenne 2 à 3 ans – ont été traités afin d’évaluer si cet usage entraînait des atteintes au niveau des chromosomes et de l’ADN. Le DAS 1 (taux d’absorption spécifique) de leur mobile a été relevé, ainsi que la durée quotidienne d’utilisation, celle-ci allant de l à 15 heures. Aucun des sujets n’avait, dans son histoire familiale, d’anomalies génétiques ou de maladies graves ni subi d’irradiation médicale. Quelques uns se sont plaints d’insomnies, de perte de mémoire et d’attention, de douleurs cardiaques, qu’ils ont associés aux vibrations du mobile. Presque tous gardaient leur mobile en position de veille (ON) durant 24 h.

• Les résultats du test SCGE/Comet démontrent, chez les utilisateurs, une augmentation significative du nombre de cellules atteintes au niveau de l’ADN - 40%, en moyenne, avec une longueur moyenne de « queue de comète » de 26,76µm - par rapport au nombre de cellules chez les témoins : 10,40% de dommages cellulaires, et seulement 8,11µm comme longueur moyenne des « queues de comète ». Aucune différence n’a été remarquée entre hommes et femmes.

Les atteintes maximales de l’ADN (31,86µm) ont été observées dans les lymphocytes du sang d’un homme de 28 ans, utilisant un mobile (DAS 1,24 W/kg) depuis 4 ans. A l’époque du prélèvement du sang, il utilisait quotidiennement son mobile durant 1,5 à 2 heures. On peut noter également que, chez cet homme, 43% de cellules étaient concernées.
- Le nombre maximal de cellules atteintes (63%) a été observé chez un homme de 24 ans, utilisant son mobile (DAS 0,59 W/kg) depuis 2 ans, durant 1,5 à 2 heures, par jour.

• Dans le test MNt, il a été noté une différence marquée dans la fréquence des cellules contenant des micronoyaux entre les sujets (moyenne 0,25%) et les témoins (moyenne 0.05 %).

La plus grande fréquence de cellules à micronoyaux (0,50%) a été observée chez un homme de 24 ans, avec utilisation quotidienne de 8 à 9 heures, depuis 2 ans, d’un mobile dont le DAS était de 1,24 W/kg. Chez cette même personne, on observait, par ailleurs, 49% de cellules endommagées. Cet homme travaillait au département clientèle/entretien d’une compagnie de téléphonie mobile.

Discussion

Chez les utilisateurs de téléphone mobile des augmentations significatives ont été observées pour les 2 tests : au niveau de ruptures de l’ADN et/ou du nombre de micronoyaux. L’auteur souligne qu’on été notées parfois plus d’atteintes sur l’ADN que d’induction de ces micronoyaux, les 2 tests n’identifiant plus les mêmes perturbations.

Le faible taux de micronoyaux observé (4 %) dans la population, pourrait s’expliquer par des habitudes alimentaires : la population du PENJAB consommant une bonne quantité de fruits et légumes, ceci corrélé avec une diminution des risques de cancers. On sait que les aliments riches en caroténoïdes et antioxydants peuvent influer sur les atteintes de l’ADN, en agissant de manière discrète sur les mécanismes de réparation de l’ADN. Des rapports ont déjà signalé que les effets de l’utilisation du mobile pouvaient être modulés selon la présence en antioxydants alimentaires, mais aussi selon la consommation d’alcool, le stress psychologique ou l’exercice physique intensif.

Ceci plaide en faveur de l’hypothèse que certaines personnes peuvent être plus sensibles que d’autres aux effets de l’exposition aux RFR.

Pour l’auteur, ces premiers résultats révèlent clairement la perspective d’un impact sanitaire important au niveau mondial et doivent inciter les pouvoirs publics à adopter des mesures urgentes de protection pour la santé publique.

1) En France, la valeur réglementaire maximale du DAS est fixée à 2 W/kg

 
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